La cigarette est non seulement néfaste pour la santé des fumeurs et de leur entourage, mais son résidu, appelé familièrement mégot, cause également de sérieux dommages dans le milieu aquatique, forestier et humain. Profondément absent des thématiques environnementales, le mégot est cependant un élément constant de la détérioration des écosystèmes et de la mise en péril de la santé et de la sécurité publique. A l'heure du renforcement de la Loi sur le tabac au Québec, il est nécessaire que les autorités s'engagent dès maintenant dans une politique globale et efficace en reconsidérant les effets « collatéraux » de la cigarette. La cigarette comme on la connaît aujourd'hui a été inventée en 1560 par l'ambassadeur de France à Lisbonne Jean Nicot, mais ce n'est que vers 1867 que la première machine à cigarettes est apparue. Les premiers filtres ont été développés avant la seconde guerre mondiale, vers 1930, et leur essor commercial a suivi les premiers travaux sur les dangers du tabac pour la santé dans les années 50. Après un pic historique de 9 millions de tonnes en 1997, la consommation mondiale de tabac avoisinait, en 2002, les 6 millions de tonnes. En 2001, les ventes de cigarettes (la majorité avec filtre) sur le marché intérieur canadien dépassaient la barre des 40 milliards d'unités. On retrouve désormais le mégot sous chacun de nos pas. Il a colonisé le pavage des trottoirs, le seuil de nos portes, les sentiers des forêts et le sable des plages. Partout où l'homme passe, le mégot laisse son empreinte.