Qu'il est doux pour quelqu'un qui exerce le difficile métier de prévoir l'avenir immédiat, de pouvoir enfin prédire un grand événement qui est déjà programmé depuis des mois, l'investiture de Barack Obama. Grand événement à n'en pas douter, en effet, que l'investiture du premier président noir des États-Unis, du second président, après Abraham Lincoln, provenant de l'État industrialiste qu'est l'Illinois, et aussi du second président, mais après Franklin Roosevelt cette fois-ci, à inaugurer son mandat au cœur d'une dépression économique qui indique par son ampleur même l'inévitable changement de «paradigme», ou plus simplement la grande mutation d'une civilisation économique et sociale parvenue à ses limites historiques.