Après l'ajournement de la réforme du lycée, puis celui de la réforme régionale, le grand débat qui domine la sortie de ce glacial hiver est de savoir si l'aggravation de la crise est compatible avec la poursuite des réformes. Après une première phase d'ardente obligation, pendant laquelle les fondements culturels, institutionnels, juridiques de la République ont pu paraître ébranlés, voici, semble-t-il, revenir l'accalmie ; c'est en effet que la réponse à la question de l'opportunité des réformes en temps de crise est d'une simplicité largement vérifiée par l'expérience : dans les périodes d'inquiétude devant l'avenir, les réformes d'ordre économique et financier sont les plus nécessaires. La perspective d'une reprise en 2010, que le président de la BCE, Jean-Claude Trichet, vient d'ouvrir lundi dernier à Bâle témoigne que les efforts engagés dans ce sens n'ont pas été inutiles.