C'est une députée péroniste, Maria Beatriz Lenz, qui a déclenché la polémique en Argentine, en annonçant son intention de déposer un projet de loi en vue de rapatrier les restes de l'écrivain Jorge Luis Borges (1899-1986), qui reposent au cimetière de Plainpalais, à Genève. L'idée était avalisée par le président de la Société argentine d'écrivains (SADE), Alejandro Vaccaro. A l'en croire, le poète avait exprimé dans sa jeunesse "le souhait de reposer dans le caveau familial", au cimetière cossu de la Recoleta, à Buenos Aires. La réponse de la veuve de Borges, Maria Kodama, a été cinglante : "Dans une démocratie, aucune personne et aucun parti ne peuvent disposer du corps d'une personne, le plus sacré." L'écrivain péruvien Mario Vargas Llosa s'est porté à son secours et a qualifié l'initiative péroniste de "farce élogieuse répugnante".