J’aime beaucoup le Simenon des « romans durs » (par opposition aux romans policiers, ses fameux Maigret, quoique sur la fin, les Maigret se rapprochent davantage de ses romans). Ses personnages sont merveilleusement vivants, humains, les décors campés, sans fioritures mais avec justesse. Simenon souriait quand on lui disait qu’il n’avait pas son pareil pour créer une « atmosphère » et des personnages. Mais je n’invente rien répondait-il, je suis un instinctif, je n’ai jamais pensé un roman, j’ai senti un roman, je n’ai jamais inventé un personnage, j’ai senti un personnage. En fait Simenon, le grand voyageur, à travers les pays et les milieux sociaux, engrangeait ce qu’il découvrait, enregistrait tout comme sur une pellicule. Il partait, comme il le disait lui-même, à la chasse à l’homme. Ensuite, seulement, devant sa table de travail, tout revenait à lui et prenait forme sur le papier… Simenon, l’homme curieux des autres. Une vraie belle rencontre avec un écrivain tel que je ne le soupçonnais pas… Le « roman – roman » ou « roman dur » de Simenon qui m’a le plus séduite jusqu’à présent reste « Trois chambres à Manhattan », celui-là je l’ai lu il y a près de deux ans, difficile pour moi d’en parler dans le détail, mais il m’a subjuguée. D’emblée, je suis entrée dans cette ambiance new yorkaise un peu triste, celle de la nuit et de de ses bars, des petits hôtels… Deux êtres à la dérive, lui acteur sur le déclin, quittée par sa femme, elle sans nulle part où aller. Jolie rencontre….