Officiellement, le Quai d'Orsay approuve la « vision » d'un monde « sans armes nucléaires » défendue par Barack Obama dans son discours de Prague dimanche dernier. La France, comme tous les pays européens, aimerait pouvoir « œuvrer en faveur d'un monde plus sûr ». Dans ce domaine, elle se présente d'ailleurs comme un élève modèle, qui a démantelé ses missiles stratégiques du plateau d'Albion, renonçant ainsi à la troisième composante de sa dissuasion, et réduit ses têtes nucléaires de 500 à 300. En mars 2008, dans son discours fondateur de Cherbourg, avalisé depuis par l'Union européenne, Nicolas Sarkozy a rappelé l'attachement de la France à la dissuasion nucléaire tout en se prononçant pour une poursuite du désarmement. Paris est conscient du danger grandissant représenté par la prolifération nucléaire qui, de Pyongyang à Téhéran en passant par Islamabad, fait courir un risque mortel à notre planète. Mais de là à endosser la philosophie de l'initiative « Global Zero », qui pense qu'un monde débarrassé du nucléaire permettra de sauver la paix, il y a un pas que Paris ne veut pas franchir. Car il y a loin du rêve à la réalité.