Le cheval que l'on connait actuellement ne possède plus qu'un seul doigt à chaque patte. Ce doigt est très long, très développé et il porte le sabot. Si vous êtes sensibles aux petites monstruosités naturelles, vous pouvez vous en tenir là.
Car le truc vraiment bizarre c'est qu'aujourd'hui, il arrive que des chevaux naissent avec deux sabots au lieu d'un seul à l'avant. Voire avec trois doigts (toujours au lieu d'un) à l'arrière. Voilà un genre d'anomalie qui survient exceptionnellement chez les chevaux modernes sans qu'ils perdent pour autant l'usage de leurs pattes. D'ailleurs, la monture préférée de Jules César, Suétone, possédait "des sabots fendus en doigt qui avaient quelquechose d'humain". En fait, la littérature biologique est émaillée d'exemples de ce genre; il n'y a pas que les chevaux qui naissent parfois avec des bizarreries. Ces exemples sont souvent traités sur le plan de l'anecdote ou la curiosité alors qu'ils représentent un message sur l'évolution digne d'attention. Ce genre d'anomalie ne sort pas de nulle part puisque c'est comme si ces chevaux avaient fait marche arrière en direction de leurs ancêtres. En effet, il y a plus de 40 millions d'années, les ancêtres des chevaux modernes possédaient 4 doigts à l'avant et 3 à l'arrière: l'évolution du cheval est allée très loin en matière de réduction de doigts. Et si cette polydactylie, disparue depuis des dizaines de millions d'années, ressurgit chez certains chevaux modernes, c'est parce qu'ils n'ont jamais perdu l'information génétique qui leur permet de produire d'autres doigts (latéraux). En temps normal, quand même, ils ont opté pour un doigt unique. Et si ça se trouve, c'est parce qu'ils en avaient besoin pour autre chose?... vous avez vu leurs grosses narines? 
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