Tout arrêter est la vraie tentation du pianiste Piotr Anderszewski. Mais pour le moment, avec la sortie d'un disque, un concert et un film, c'est plutôt à l'exhibition de ses talents multiples que ces mois de mai et juin nous invitent. Piotr Anderszewski ne veut pas être ce qu'il est : un pianiste ovationné sur les scènes du monde entier. « J'ai cessé d'être pianiste à l'âge de 16 ans » dit-il, les mains sur le clavier. Avec lui, le paradoxe est toujours à portée de mots et de pensée. S'il paraît cultiver sa différence avec un art consommé, s'il affirme être un illusionniste comme tous les artistes, sa sincérité est tout autant réelle que son goût du bluff. Un « rail movie » façon Europe centrale Mais ne lui en déplaise : il est pianiste, il est célèbre et il se trouve sous les feux d'une actualité qui ne doit rien au hasard. Le 13 mai, il propose au Théâtre des Champs Elysées à Paris un récital dont le programme est le même que celui d'un disque, « At Carnegie Hall » (Virgin Classics), publié au même moment.