Un homme qui arrive en sandales birkenstock et en chemisette à carreaux au Jeu de Paume, à Paris, ne doute de rien. C’est le style du photographe britannique Martin Parr, qui y expose sa «Planète Parr» jusqu’au 27 septembre. Sa «planète», c’est sa collection personnelle de photos et d’objets. Une collection immense qui ne «tiendrait pas dans ma maison si elle n’était pas exposée», sourit l’artiste. Lundi matin, il a offert une visite guidée à la presse. Cartes postales de la fin du XIXe siècle, photos du Royaume-Uni des années 60-70, maquettes de livres, assiettes montrant Margaret Thatcher, plateaux des Beatles, papier toilette imprimé à la tête de Ben Laden, un slip avec Obama montrant ses biceps et même un sac d’un kilo de gâteaux apéro acheté à Memphis, aux Etats-Unis, faisant presque un mètre de haut... L’ensemble est hétéroclite. Il montre la fascination de Parr pour l’imagerie populaire, pour ne pas dire kistch, et les «objets du quotidien qui utilisent la photo», souvent trouvés sur le site Ebay. Dans une vitrine, des dizaines de montres à l’effigie de Saddam Hussein. «C’est dire si ce dictateur était empli de vanité, explique-t-il. J’aime beaucoup l’ambiguïté de ces objets qui restent après la mort de celui qu’ils représentent.»