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Date : the 27/02/2008
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Le régionalisme et le rattachisme (réunionisme) sont-ils vraiment incompatibles ?

Le régionalisme et le rattachisme (réunionisme) sont-ils vraiment incompatibles ?

Si on s’appuie sur la théorie de Darwin comme Gould et Eldredge qui, en 1972, ont avancé l'idée que l'évolution des espèces ne se réalise pas de façon graduelle et continue au cours des temps, mais au contraire que l´évolution se fait à travers des périodes ponctuelles d´intense activité évolutive séparées par de longues périodes stagnantes, nous pouvons nourrir de grands espoirs pour le Mouvement d’émancipation de la Wallonie. Nous nous trouvons sans doute à l’aube d’une de ces périodes. On sent, en effet, plus qu’un frémissement au sein de la Société wallonne. Frémissement lié à la longue crise politique (crise de régime ?) sainement décapante que traverse notre pays hôte actuel, mais aussi à la prise de conscience d’un sentiment d’inachevé et surtout d’incertitude quant à l’avenir. Comment expliquer autrement la renaissance de mouvements « dits régionalistes », les propositions d’associations Bruxelles-Wallonie de certains, ou encore le subit séchage de drapeaux sur certains balcons, par exemple. On ne peut évidemment pas nier qu’il y derrière ces prises de positions de nombreux arguments - certes tous intéressants et pertinents du point de vue de leurs auteurs - l’expression d’un sentiment d’urgence, d’angoisse ou encore celle de croyances basées sur des idées reçues, mais en pleine déstabilisation. Nos hommes et femmes politiques ne déclarent-ils pas se coaliser, se mobiliser, pour garantir nos droits alors que les mêmes nient nos identités, les négociations se déroulant sur la logique de blocs linguistiques, et non entre les représentants des trois Régions du pays, quatre avec la Communauté germanophone ? C’est aussi que je ne vois nulle part, derrière les prises de position, un complément qui me paraît utile : « pour quoi faire ? » On ne peut pas nier nos identités. Pour faire simple : Les « régionalistes » mettent en avant, avec raison, l’identité wallonne. Elle existe. On la sent vivre quand on se retrouve entre Wallons, quelle que soit notre origine locale. Au-delà des mots, il y a un sentiment difficilement explicable - par moi – de communauté d’esprit. Il y a parmi les régionalistes, des « ultras » qui rêvent d’une langue différente du français par l’imposition d’un wallon standard… Je ne les cite que pour mémoire, ils font du tort au courant qu’ils prétendent défendre. Les « Wallo-bruxien », des communautaristes, parlent d’une « identité francophone », concept flou destiné à répondre à une identité flamande forte. Elle me paraît plutôt être une construction artificielle par la juxtaposition d’identités basée seulement sur une langue commune ou une coalition d’intérêts face à une altérité. Les « unitaristes » se retranchent derrière une « identité belge » qui veut sublimer les autres pour mieux les nier. Opposés depuis toujours aux revendications fédéralistes, et hélas pour eux, malgré leurs efforts sémantique - pensons seulement au terme « région » dont ils ont affublé les entités fédérée (des Etats, quoi !) qui renvoie à une notion de partie, de subdivision - ils ont échoué sur le territoire qui a choisi le combat culturel plutôt que le combat économique que ce dernier avait déjà gagné par la force de sa majorité numérique. La Flandre a ainsi une identité forte, elle est un Etat et se veut maintenant une nation. Il n’y a plus que des naïfs ou des nostalgiques pour défendre ou croire à « l’identité belge ». On peut peut-être les rassurer, cette « appellation belge » persistera encore dans les esprits fort longtemps après la disparition du territoire politique qui aura porté ce nom pour la dernière fois sans doute dans l’Histoire. Certains parmi eux bottent en touche vers un concept encore plus flou, « l’identité européenne » (pourquoi ne pas parler directement « d’espèce humaine » ?). Il en va ainsi, entre autres, du fumeux concept « d’Europe des Régions »… Les milieux rattachistes sont divisés entre ceux (rares, mais fort actifs) qui rejettent de l’identité wallonne et ceux qui sont profondément Wallons, justement. Ces derniers sont autant régionalistes que rattachistes parce qu’ils ont compris que dans le monde moderne, les identités sont complémentaires et empilables comme des poupées russes. Comme je l’ai dit un jour dans un discours, on ne peut pas se dire réunioniste (ou rattachiste, peu importe le terme) et en même temps nier notre identité wallonne. Comme on est Liégeois, Namurois, Brabançon wallon et Wallon en même temps. Comme en France, on est en même temps, Breton, Bourguignon, Corse, Normand ou autre, en même temps que Français. Il y a donc entre ces rattachistes-réunionistes et régionalistes wallons des aspirations communes que séparent souvent des questions d’interprétation sémantique ou parfois de stratégie sur les choix d’avenir, sur les finalités. Le temps est peut-être venu de voir ce qui nous rassemble, sur les priorités pour nos concitoyens plutôt que d’insister sur ce qui nous sépare. Et se rendre compte que c’est là qu’est le plus important si nous voulons que demain, la Wallonie existe... encore ! Ce qui est certain, c’est que cette symbiose effectuée, les autres attitudes deviendront - pour revenir à l’esprit de la phrase d’introduction – que des culs-de-sac, des branches mortes sur l’arbre de l’évolution des espèces politiques

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