Au cœur de l'épaisse forêt du Maine, Julius Winsome rejoue, à sa façon, l'histoire primitive des Etats-Unis : au milieu d'une clairière est posée sa maison, aux murs tapissés de plus de trois mille livres, îlot de civilisation qu'entoure le wilderness menaçant – les bois denses, le grand froid, les animaux sauvages et quelques chasseurs guère moins frustes que les ours qu'ils poursuivent. Dans son chalet, Julius Winsome vit seul, avec ses chers livres et son chien, qu'il a appelé Hobbes. Pas vraiment misanthrope, anachorète plutôt, Julius Winsome semble le calme fait homme. Jusqu'au jour où, au seuil de l'hiver, le chien Hobbes meurt, innocente victime d'un coup de feu tiré à bout portant. Un acte de malveillance anonyme qui enraye la trop paisible mécanique existentielle de Julius Winsome : le voici qui empoigne un fusil, s'enfonce dans la forêt, se transforme en machine à tuer.