Informations
costume homme - created by bus-james
costume homme
Public Group
Date : the 15/09/2009
Visited : 2737
SpotRank : 54171
Channel: Fashion, Family
Permalink :
AUTHOR(S)
 

costume homme Follow

Les Textes

Plus près de Toi 17 décembre 1875 La Mère Supérieure s’est montrée aussi fâchée que dubitative. Fâchée parce qu’elle me soupçonne de cultiver l’orgueil et la déraison, dubitative car elle ne peut comprendre ce que je vis ne l’ayant elle-même jamais éprouvé. Je ne suis pourtant pas folle ; selon moi, il ne s’agit que des fruits de la méditation et de la claustration. Ne suis-je pas l’épouse du Seigneur ? Ne puis-je prétendre m’élever à Ses côtés ? N’aurais-je vécu qu’une illusion quand mon corps et mon esprit éprouvent ensemble et en totalité cette extase ? 19 décembre 1875 Le père S*** ne s’est guère montré plus compréhensif. Il m’a vertement tancé, suggérant que j’oubliasse incontinent ce qu’il qualifie d’hallucination, voire d’hérésie. Sa suggestion n’était d’ailleurs rien d’autre qu’un ordre. Certains pratiquants accomplis voient se tracer sur leur chair les divins stigmates ; pourquoi ne pourrais-je, à l’instar de St Joseph de Capistrano, expérimenter cette exquise lévitation qui me rapproche de Lui ? 23 décembre 1875 Je suis moi-même surprise d’avoir été choisie par Lui pour témoigner de la grandeur de la prière et de la contemplation. Le phénomène vient de se reproduire et je me suis sentie ravie, dans toutes les acceptions du terme. Je me garderais bien de m’ouvrir à nouveau à qui que ce soit de cette expérience, y compris en confession. Être élue vous conduit inexorablement au soupçon d’immodestie, pourtant cette extase dans laquelle transporte la lévitation me transfigure, me purifie, m’éloigne peu à peu de ma lourdeur humaine. Ce nouveau ravissement m’a clairement montré la nature éthérée de l’Esprit et j’ai senti le céleste Paraclet souffler par la fenêtre de ma cellule, perchée au plus haut du prieuré, presqu’au niveau du clocher de l’église. J’ai vécu une telle apesanteur qu’il m’a semblé que mon être en entier, corps et âme, s’envolait, répondant à l’appel de l’Esprit-Saint dans une divine sublimation, transsubstantiation du solide en immatériel. 30 décembre 1875 Je viens d’apprendre, parmi les paroles oiseuses du Chapitre, qu’un homme était parvenu à se soulever de terre dans un appareil révolutionnaire appelé avion. Quelle vanité et quelle ignorance ! Comment peut-on songer à s’élever autrement qu’en Sa grâce ? Quels bénéfice et intérêt pourrait-on éprouver loin de Son amour, inatteignable par de pauvres moyens humains ? Quant à moi, mes expériences de lévitation se reproduisent presque quotidiennement. Ce matin, j’ai distinctement entendu une lointaine mélopée, peut-être un avant-goût des chœurs angéliques. Mon cœur vibre à Son unisson, je ne songe qu’à Le rejoindre et s’Il m’a donné la capacité du vol, n’est-ce point pour l’utiliser ? Qui suis-je pour ne pas obéir à l’injonction des dons qu’Il m’octroie dans sa magnanimité ? 31 décembre 1875 Qui se souvient que cette date était une fête païenne de la lumière ? Les anciens, tout animistes fussent-ils, avaient su reconnaître le jour particulier où Sa coruscance point à nouveau après que nous, humains, l’ayons oubliée. Si l’appel se reproduit ce soir, je répondrai enfin à son inspiration. Je suis sûre que mon corps, émacié par les privations, saura suivre mon esprit et passer par la fenêtre de ma cellule vers les paradis sublimes où Il règne sans partage. Les failles du système 13 septembre 3008 : J'ai encore fait un cauchemar. Je circulais sur le trottoir d'une ville d'autrefois, genre années 2000, accompagné de mes camarades et du maître. J'étais resté en arrière et j'avais remarqué un grand chien loup, immobile de l'autre côté de la rue. Il s'est soudain précipité vers moi, non en courant ou en marchant, mais en avançant terriblement vite, immobile et en lévitation, comme un chien en carton pâte, pas comme un chien vivant. La peur m'a réveillée. Le dortoir semblait calme. Les autres enfants dormaient tous. Je me suis levée précautionneusement et je suis allée voir Sophie. Elle s'est éveillée très calmement, comme à son habitude et a chuchoté d'une voix encore gonflée de sommeil : "De quoi as-tu rêvé, cette fois-ci ?". Nous avons devisé quelques temps à mi-voix. Puis elle m'a demandé si j'avais entendu parler de l'épreuve de la fosse. Je ne savais pas de quoi il s'agissait. C'était, m'a-t-elle dit, une épreuve pour tester les enfants des centres d'éducation, qui se déroule le 16 septembre, pour commémorer le début officiel de la grande pandémie de 2032 qui faillit faire disparaître nos ancêtres. -Et que teste cette épreuve ? Lui ai-je demandé. Elle a baissé les yeux et déclaré : "Je n'ai pas le droit de te le dire". Je n'ai rien pu en tirer de plus et je suis retournée me coucher, perplexe. Le reste de la journée s'est passé comme d'habitude, à écouter les enseignements du maître. Sophie m'a évité toute la journée. 16 septembre 3008 : Nous étions en rang devant une grande fosse au fond de laquelle tournait un énorme chien loup. Le maître a crié : " Les enfants réussissant l'épreuve seront déclarés les meilleurs de leur promotion ! Lequel de vous veut commencer ?" Un grand silence s'installait. Personne ne réagissait, alors j'ai crié : - Je suis volontaire ! Je voulais affronter ma peur des chiens. -C'est ton dernier mot ? m'a dit le maître. J'ai confirmé mon intention d'être la première à tenter l'épreuve, il a déclaré en soupirant : " Aujourd'hui je te déclare comme meilleure de ta promotion ! " J'en ai pleuré de joie, mais curieusement, mes camarades n'ont pas applaudi. 17 septembre 3008 : Cette nuit, c'est Sophie qui m'a réveillée ! Pour me dire adieu. Elle m'a révélé que l'épreuve de la fosse et ma place d'honneur étaient des leurres : celui qui se déclarait volontaire était condamné à mort. L'exercice était destiné à sélectionner les élèves rétifs à l'enseignement du maître, pour qui les vertus essentielles étaient : la prudence et la prévoyance. Après un an d'enseignement, se mettre en danger était considéré comme stupide et éliminatoire. Fuir ne paraissait guère possible, compte tenu des portes verrouillées, des grillages aux fenêtres, des miradors, des barbelés et des clôtures électrifiées. J'ai laissé Sophie pleurer sur mon épaule. Je l'ai consolée de manière suffisamment efficace pour qu'elle aille enfin se recoucher en sanglotant. Je devais la vie à son amitié. Il ne me reste plus maintenant, la mort dans l'âme, qu'à mettre mon plan en application. Par précaution autant que par ennui et par prudence, j'ai depuis longtemps élaboré un projet d'évasion en repérant les failles du système. 8 Septembre 2136 Salut JI322 ! … Tu boudes ? … Je suis désolée, mais j’étais obligée … Je sais que ce n’est pas de ta faute, mais quand j’ai vu les Brigades débarquer aux aurores, j’ai eu la peur de ma vie ! Heureusement, ce n’était qu’un avertissement, mais ça ne pouvait plus continuer ! Tout ce que je te confiais était aussitôt envoyé, lu, disséqué mot par mot pour relever la moindre infraction aux 117 règles, si petite soit-elle ! Un avertissement pour avoir osé remettre en question la justesse d’une punition paternelle, tu te rends compte ? Même si « tu honoreras ton père et ta mère » fait partie des 10 Premières, je trouve cela exagéré ! Après leur visite, j’ai compris que, si nous continuions comme avant, je ne pourrais plus rien te confier … C’est alors que je me suis souvenue des vieilleries de Grand-Père. On dit que ces objets datent d’avant la grande Révolution, tu imagines ? Avec ça, c’est sûr, plus besoin de surveiller mes mots. Je me suis entraînée toute la semaine pour y arriver … Il faut trouver la bonne disposition de doigts, l’index replié vers l’arrière, l’Objet coincé entre le pouce et le majeur… On ne croirait pas, mais ce n’est pas évident ! Une fois que ça tient, on peut essayer. Là, les choses se corsent, ça gratte, ça frotte, mais rien ne se passe, on a beau appuyer, rien n’y fait, et, au final, ça raye ! Tu imagines, si j’avais essayé sur toi ! En plus en le secouant, j’en ai fait couler un liquide bleu, qui a bien failli bousiller les circuits électriques de la Tablette. C’est alors que j’ai compris qu’à objet antique, il fallait support antique. J’ai de nouveau fouillé dans les affaires de Grand-Père. Quand j’ai trouvé, je n’en croyais pas mes yeux : c’était plus gros que 10 Tablettes réunies, et ça possédait un espace limité ! Dans les mains, c’est assez étrange comme consistance, ça se tord et se froisse sans s’auto-régénérer, cela m’a tellement étonnée que j’en ai gâché quatre ou cinq à essayer ! Ensuite, quand j’ai posé l’objet dessus, ça a fait une tache … Une tache ? J’ai failli en jeter l’Objet d’horreur ! Les essais suivants ont été plus fructueux, ça grattait toujours, ça éclaboussait et tachait, mais peu à peu tout est allé de mieux en mieux … Jusqu’à ce que je me rende compte qu’il ne suffisait pas de traits, points et autres figures géométriques pour s’exprimer … Il allait falloir que je reproduise des lettres ! Cela corsait considérablement l’affaire, j’ai bien failli abandonner ! Une lettre, c’est sacrément difficile à faire, ça tourne à droite, à gauche, à l’horizontale, à la verticale, même en diagonale, ça fait des ronds, des boucles, ça tournicote, ça boursouflote … Un vrai travail de titan ! En plus, le support est capricieux ! Ça ne dit pas un mot, rien, pas même un bonjour, mais ça grogne dès que tu dérapes un peu, un crissement à peine supportable et si tu as le malheur de t’énerver, ça se troue ! Carrément susceptible ! Enfin, tu vois, ça y est, j’ai pu reprendre ta rédaction … À grand renfort d’antiquités ! C’est chouette, non ? … Tu continues de bouder ? Après tous les efforts que j’ai faits pour toi ? J’ai eu besoin de trois Supports Antiques et plus de dix minutes pour te confier tout cela ! J’ai appris à écrire pour toi ! NPC* #4856 Ça y est, je me suis décidé aujourd'hui. Je suis allé au Centre NPC. Le coût est là, mais ça en vaut la peine, j'en suis sûr. Tout le monde en a un, et depuis le temps que j'en rêvais... Je le recevrai dans une semaine ! #4857 Mon Clone de Compagnie est arrivé à la maison. C'est bizarre, je ne me voyais pas si grand. C'est un soulagement de savoir que je n'aurai plus dorénavant à m'occuper du ménage et de la cuisine. Plus besoin de séduire une fille toutes les deux à trois semaines sous un prétexte idiot, juste pour qu'elle passe quelques jours à la maison et le fasse à ma place. Le bonheur ! Et surtout, je vais pouvoir revoir Analya. La vraie, la seule qui compte. La seule que je n'arrive pas à avoir. J'irai dans sa boutique demain après le boulot. J'ai le temps maintenant. #4858 J'ai réussi à avoir une discussion normale avec Analya. On a bu un verre ensemble. Il semblerait que ça lui ait plu. Fait étrange : le Clone est sorti dans la rue aujourd'hui. Pour relever le courrier. Je pensais qu'ils étaient programmés pour ne pas sortir de chez eux. #4859 J'ai obtenu un rendez-vous avec Analya ! Je vais réserver dans le plus beau restaurant de la ville ! #4860 Mauvaise idée de lui avoir parlé du clone, elle semble tout à fait contre cette pratique. Je lui ai dit qu'il fallait vivre avec son temps. Je pense qu'elle est partie fâchée. #4861 Le Clone m'a demandé comment c'était le travail et si il pouvait un jour essayer. J'ai refusé. #4862 Il y a un problème avec le Clone, c'est certain ! Je pense que je vais m'en débarrasser, ça plaira à Analya en plus. Je retournerai la voir, avec des fleurs. Des tulirdées. Ce sont ses préférées. #4863 J'ai voulu téléphoner au Centre, mais ma ligne ne fonctionne plus. J'irai les voir demain. #1 Enfin seul. C'est mieux que de se croiser à longueur de pièces dans la maison. Je me débrouille mieux sans lui de toute façon. C'est un soulagement. #2 Des officiers sont venus me trouver, sur décret du Centre. Un défaut de fabrication de certains Clones de compagnie. Ils sont vite repartis, il n'y a plus de clone ici. J'ai rendez-vous demain avec Analya. Elle s'est excusée pour son comportement la semaine dernière. Je n'ai pas compris. #3 La soirée s'est passée à merveille. Elle m'a remercié de me soucier de la déontologie et de m'être défait de l'Autre. Elle m'a juste trouvé plus grand apparemment. Ça lui passera. *NPC = nouvelle personne de compagnie 23 février 1915 Ce matin Jeanne-Marie s'est montrée des plus déraisonnable. Son comportement avait déjà radicalement changé depuis que nous avions signé les procurations. Son insistance à presser le mariage était devenu sa marotte. Elle s'était persuadée que nous pourrions contourner toutes les difficultés. Qu'importaient que mon certificat de naissance et autres papiers d'identification soient hors d'atteinte à Mesnil, derrière les lignes allemandes, l'édile, qui nous unirait, pourrait certainement se laisser convaincre. Je n'arrivais pas à lui faire entendre raison et elle me faisait tourner en bourrique. Elle me répétait inlassablement : « Mon ami, quand allez-vous enfin passez à l'acte ? ». Il y a deux jours, elle cru même bon d'ajouter : « ... et promettez-moi que, pour le grand jour, vous ferez quelque chose pour votre barbe. » Je ne pouvais plus reculer. Je me suis dit : « Henri Désiré, mon petit, ta décision est déjà prise, qu'attends-tu pour franchir le pas ? » Et aujourd'hui, enfin, c'est fait. Tout ceci était en fait d'un naturel... Il n'y avait rien de difficile dans cette affaire. J'ai bien sûr cru rencontrer un os, à plusieurs reprises, mais tout s'est, en fin de compte, très bien passé. En vérité et contre toute attente, je ne me sens même pas différent, si ce n'est un peu plus homme. Je n'ai aucun des remords ou regrets que je craignais tant. Au contraire, un étrange sentiment d'invulnérabilité m'a envahi, une sensation chaude de puissance, accompagné d'un calme béatifiant ; je suis dans une forme extraordinaire. Il ne faut tout de même pas que j'en oublie mes nouvelles responsabilités. Maintenant, il faut aussi que je pense à son grand fils. Il m'incombe de m'occuper de lui convenablement. Dans les autres bonnes nouvelles : la cuisinière est réparée et marche superbement. Le tirage en est des plus satisfaisant. Le temps est au beau sur Vernouillet, et le climat étonnamment clément pour la saison ; mon voyage n'en sera que plus agréable. Demain, c'est le retour sur Paris, madame Landru et les enfants attendent. 23 février 1915 - Mme Cuchet - 11 h matin 21 Décembre 1917 « L’Hiver ». Le capitaine nous l’a annoncé joyeusement. Gaston,[...]

TAGS
View original story on http://avosplumes.xooit.com/t3223-Jeu-69-Les-Textes.htm
YOUR REACTION
YOUR REACTION