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Gardasil et Prévenar: de l'urgence d'une réflexion éthique sur les recommandations vaccinales

Gardasil et Prévenar: de l'urgence d'une réflexion éthique sur les recommandations vaccinales

Depuis 1949 et l’introduction du vaccin contre la tuberculose, onze autres vaccins [1] ont fait l’objet de recommandations de vaccination systématique formalisées dans le calendrier vaccinal français. La généralisation de ces vaccins a été un succès. En effet, ils ont bénéficié de la confiance des médecins et du public. Cette confiance repose sur deux postulats : la conviction que les progrès techniques sont sans limites et permettent aux laboratoires de proposer des vaccins toujours plus performants ; et aussi la foi dans le rôle de contrôle des instances représentant les pouvoirs publics, qui, pense-t-on, garantissent le respect prioritaire de l’intérêt général. Pourtant, les recommandations les plus récentes au cours des années 2000, concernant le Prévenar et le Gardasil, pourraient remettre en question ces deux postulats et inciter à une réflexion éthique. En effet, on peut difficilement accepter que, lorsque des vaccins dont le bénéfice est négligeable ou non démontré provoquent des décès de nourrissons ou de jeunes filles, cela ne remette pas en cause les recommandations de vaccination systématique. I. LES POINTS COMMUNS ENTRE LES RECOMMANDATIONS VACCINALES CONCERNANT GARDASIL ET PREVENAR On peut relever plusieurs points communs entre ces deux vaccins : La rareté des pathologies qu’ils sont censés combattre, avec un taux d’incidence pour les infections invasives à pneumocoque de 32/100 000 nourrissons de moins de deux ans [2] - ou environ 480 cas par an - et une mortalité évaluée à 0,89 pour 100 000 nourrissons par an, c'est-à-dire 17 décès par an [3]. Un taux d’incidence de 7,8 / 100 000 pour le cancer du col de l’utérus, avec environ 3000 cas en 2005 et une mortalité de 40% avec 1200 décès annuels, c'est-à-dire 0,3% des décès de femmes. [4]. La faiblesse de la protection théorique conférée initialement contre la survenue de l’infection, qui était de 65% [5] des infections invasives par pneumocoque couvertes par les sérotypes vaccinaux lors de l’introduction du Prévenar en France en 2003, et de 70% allégués de protection contre le cancer du col pour le Gardasil. Le fait que ces vaccins s’adressent à quelques-uns des multiples sérotypes impliqués dans le même type d’infection (environ 90 sérotypes pour le pneumocoque et 120 pour le papillomavirus, dont 16 auraient un haut potentiel oncogène), sans que l’on ait les moyens d’anticiper le potentiel pathogène des sérotypes non couverts par le vaccin en situation de vaccination. Le coût important d’une vaccination systématique, de l’ordre de 100 à 240 millions d’euros annuels (pour le Prévenar : 63 euros multiplié par 3 ou 4 doses, multiplié par 800.000 nourrissons par exemple).

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