À M. Ernest Coméliau,
Juge d’instruction,
23, bis rue de Seine, Paris (VIe).
Mon juge,
Je voudrais qu’un homme, un seul, me comprenne. Et j’aimerais que cet homme soit vous. Nous avons passé de longues heures ensemble, pendant les semaines de l’instruction. Mais alors il était trop tôt. Vous étiez un juge, vous étiez mon juge, et j’aurais eu l’air d’essayer de me justifier. Vous savez à présent que ce n’est pas de cela qu’il s’agit, n’est-ce pas ? J’ignore l’impression que vous avez eue quand vous êtes entré dans le prétoire. Celui-ci vous est évidemment familier. Moi je me souviens fort bien de votre arrivée. J’étais tout seul entre mes deux gardes (...)
Sylvia
: "ce roman-là aussi m'a fascinée et émue : un homme est condamné pour avoir tué ; depuis sa prison, il écrit une longue lettre à son juge. Pas pour se disculper, pas pour attirer sa compassion, juste pour partager et tenter d'être compris. Ce glissement irréversible vers le crime, il nous le rend palpable, pas moyen d'excuser l'acte ni l'homme, mais on fait le chemin vers la compréhension d'un individu et c'est fort. "
Je vais l'acheter! Tu donnes trop envie!