Très discrètement le cinéma le Lucernaire, à Paris, diffuse un étonnant documentaire: Zones grises. Le réalisateur Marc Petitjean y part à la recherche de celui qui lui a toujours dit que «la guerre fut le meilleur moment de sa vie». Il reste juste trois dates pour ne pas le rater. «Longtemps j'en ai voulu à mon père...», prévient dès le départ le réalisateur. Son père, Michel Petitjean, pourtant avait de quoi être un héros: reconnu déporté-résistant à l'issu de la seconde guerre mondiale, ce fils d'une petite bourgeoisie de province eut auparavant une vie assez romanesque pour apparaître dans les écrits de Jean Cocteau, Drieu la Rochelle, ou Claude Mauriac. Amant de la Vicomtesse Marie Laure de Noailles chez qui il garda toujours une chambre, ses fréquentations des surréalistes lui offrirent aussi l'occasion d'une relation avec la peintre mexicaine Frida Kahlo.