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coupe faim - created by manu-james
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Date : the 15/09/2009
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LES SAVEURS D'ARGENTINE AVEC DIANA PATRICIA GEMELLI KLOCHENDLER

Patricia Diana Gemelli-Klochendler est une amie et nous a accueillis chez elle en famille à Paris très chaleureusement, et ce, à plusieurs reprises. Sa cuisine est aussi généreuse, colorée et joyeuse qu'elle. Pour nous recevoir, elle nous a préparé des spécialités de son pays ainsi que des escalopes milanaises que mes enfants n'oublient pas. La cuisine est sa passion et Patricia a l'art de composer des menus grâce à sa spontanéité et à son savoir-faire. Chaque plat a une saveur unique et comporte une histoire. 1. Patricia, à quand remonte votre passion pour la cuisine ? Déjà toute petite, je m'amusais avec ma dînette. Je crois que le premier plat que j'ai fait était une polenta farcie au four ! Ma passion pour la cuisine a pris un nouveau tournant avec mon arrivée en France en 2001. J'ai découvert une grande diversité de produits et les recettes qu'elle permettait. 2. Quels sont les us et coutumes culinaires de votre pays et quels sont les aliments ou condiments que l'on privilégie en Argentine ? La cuisine argentine est grande consommatrice de viande. Le plat national est l'asado, de la viande grillée soumise à un code précis de cuisson et à un rituel très particulier. Ris de veau, différentes coupes de boeuf, tripes farcies, chorizo, boudin sont accompagnés par la sauce appelée "Chimichurri". C'est la meilleure viande au monde ! L'Argentine ayant du nord au sud presque 4'000 km de long, elle bénéficie d'une diversité de climats qui favorisent la bio-diversité. Poissons et fruits de mer de la côte atlantique, sont importés en France. Egalement les très réputés "Empanadas", chaussons farcies différemment selon les régions, salés ou sucrés et qui constituent l'entrée traditionnelle de "l'asado". 3. En quoi consiste un repas de Noël en Argentine ? Est-il proche ou non de la tradition française ? Sauf dans les régions du nord ouest où subsistent les populations d'origine indienne qui ont une vraie gastronomie autochtone, la table de Noël se compose, malgré la chaleur, de fruits secs, viandes froides, cochons de lait, le traditionnel "Matambre" ou "Coupe-faim", du flanchet farci et roulé, des sandwiches de mie très fine, tout cela accompagné de salades. Le dessert consiste en Pannetonne, Turrones, Garapiñadas (cacahuète caramélisée). Plusieurs gâteaux à base de confiture de lait et chocolat. En Patagonie, où il y a une grande présence de la Communauté du Pays de Galles et allemande, on mange la fameuse "TORTA GALESA", sorte de pudding aux fruits secs et sucre de canne. Quant aux boissons, à part le vin, on boit du cidre argentin et on fait une "sangria" - mais pas comme la sangria espagnole, nous, on a notre recette ! 4. Quelle est votre spécialité ? D'abord, à la naissance de ma fille, je me suis initiée à la pâtisserie et aux gâteaux d'anniversaire. Je faisais d'énormes gâteaux ! Après, avec l'arrivée de mes nièces et neveux, j'ai aussi fait des gâteaux de baptême, de communion de toute la famille et ensuite, j'ai commencé à les vendre sous commande. Arrivée en France, j'ai fait des plats salés surtout car, pour la pâtisserie, j'étais largement rivalisée. J'aime beaucoup la cuisine italienne également. Et l'une de mes spécialités est aussi l'escalope milanaise. J'ai une phrase qui répond à votre question: "Quand je parvins enfin à réaliser mon rêve de vivre ici, la France commença à m'apprendre à découvrir l'Amérique latine et me découvrir moi-même comme latino-américain", a dit Octavio Paz, lors de la présentation de son anthologie de la culture latino-américaine. 5. Préférez-vous cuisiner le poisson plutôt que la viande ? Je suis plus à l'aise pour cuisiner la viande, Argentine oblige. Mais, j'ai développé un certain talent, en toute modestie, pour la préparation du Ceviche, un plat d'origine péruvienne, à base de poisson cru mariné dans le citron. 6. Testez-vous souvent de nouvelles recettes ? Et d'où vient votre inspiration culinaire ? J'adore tester de nouvelles recettes. Mon inspiration culinaire vient majoritairement de la cuisine italienne et du fait que je suis gourmande ! 7. Cuisinez-vous de façon plutôt organisée que spontanée ? Je peux transformer ma cuisine en champ de bataille en deux minutes, mais au final, même si j'ai besoin d'une équipe de nettoyage, j'arrive à garder le sens du "timing". Ma cuisine est spontanée et s'adapte aux exigences de mon réfrigérateur. Mon mari dit que j'arrive à faire des miracles avec rien ! 8.Aimez-vous faire votre marché ? Avez-vous vos habitudes chez vos commerçants ? Dans ma ville natale, Paraná, aller au supermarché, c'est presque une promenande ! C'est une ville qui a une concentration très grande de supermarchés par rapport au nombre d'habitants ! C'est un phénomène qui fait rire un peu les gens de la capitale. J'adore regarder les produits. Je mets du temps à les choisir, en gardant un oeil sur le rapport "qualité-prix". La France est merveilleuse pour cette diversité et dans l'art de la présentation. Je n'ai pas vraiment d'habitudes car j'aime changer, revenir, bref essayer ! 9. Vous arrive-t-il de composer un repas ou d'innover un plat sur la base de ce qu'il vous reste dans vos buffets et votre réfrigérateur ? Tout le temps comme je le disais plus haut. En ce moment, je fabrique un petit menu pour mon mari qu'il emporte au travail. J'essaie de varier et cela m'amuse beaucoup. Ce serait plus facile de lui faire un sandwich ! 10. Quel est votre dessert fétiche ? J'adore le Tiramisu, ma "Forêt-Noire" et les desserts rustiques d'Argentine que ma mère faisait quand nous étions petits. L'Alfajor de confiture de lait, sorte de mille-feuille mais avec une pâte exquise que seule ma mère sait faire ! Les "Fritos", galette au sirop de canne. Les "Espirales" que ma tante Anita nous préparait à chaque anniversaire, et que je ne mangerai plus car la recette est partie avec elle. 11. Votre dernier "coup de coeur" littéraire ? "Comme la trace de l'oiseau dans l'air" de Hector Bianciotti, argentin et membre de l'Académie française. Il raconte son retour (visite) en Argentine après plusieurs années, la rencontre avec sa famille, la maison familiale et cela éveille en moi de la nostalgie. Il a choisi comme langue d'écriture le français et c'est quelque chose de très particulier et qui m'intrigue. En ce moment, je lis surtout des livres sur la nutrition, les produits "santé". © Propos recueillis par Valérie DEBIEUX (septembre 2009)

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