Tout le monde semblait d'accord. La ville, la région, le département, la Drac et même le ministre. Tous avaient choisi Catherine Marnas pour diriger le Théâtre de la Criée à Marseille. C'était fait, plié. Et patatras. Une injonction venue d'en haut a balayé tout ça en fin d'année : c'est Macha Makeïeff, en cour à l'Elysée, qui est finalement nommée sur ordre par l'obéissant ministre à la tête de ce gros centre d'art dramatique (CDN). Se reproduit donc à Marseille le scénario qui avait conduit à la nomination d'un directeur au théâtre de Treize-Vents à Montpellier (autre CDN) d'un proche du ministre de la Culture, et récemment à Poitiers, d'un homme choisi sous pression de l'Elysée, et contre l'avis des instances municipales et régionales. Une consultation est menée… puis superbement ignorée A chaque fois, c'est la même parodie de démocratie. Officiellement, le poste de directeur d'un centre dramatique national est déclaré vacant (à l'échéance d'un mandat ou au non-renouvellement du prédécesseur). Les candidats postulent, une « short list » se dégage (trois à Poitiers et autant à Marseille). Chaque prétendant défend son projet devant les tutelles. Ces dernières font part de leur choix. On réunit les points de vue, on tranche. Mais tout cela c'est du pipeau, une comédie du pouvoir, pas drôle du tout, qui entraîne des dégâts humains considérables.