La mort d’un collégien, en février, a mis le feu aux poudres. Les manifestations se multiplient et les autorités crient à la récupération politique. Ni le Fespaco, ni la mise à contribution du roi des Mossis – souvent sollicité pour les médiations sensibles – n’auront suffi à calmer les esprits. « Cela a même failli tourner au vinaigre lorsque les étudiants lui ont demandé de ne pas se décrédibiliser en parlant au nom du gouvernement », relate un témoin de la scène. Et quand on sait le prestige dont jouit encore le Mogho Naba, c’est dire à quel point la situation est tendue au pays des Hommes intègres. Devant l’ampleur des manifestations qui ont secoué le pays après la mort d’un collégien de Koudougou (Centre), les autorités burkinabè crient à la manipulation, tandis que le Congrès pour la démocratie et le progrès (CDP, au pouvoir) a dénoncé dans un communiqué les troubles orchestrés par des « forces occultes ». Un argumentaire qui ne manque pas de faire réagir l’opposition et la société civile, qui fustigent le « manque de clairvoyance » de ceux qui dirigent le pays.