Un bébé souriant n'est pas forcément un bébé heureux. Avant, je croyais que mon bébé souriait parce qu'il était heureux. C'était l'année dernière. Isaiah, à deux mois, s'est mis à sourire comme s'il essayait de gober des mouches –la bouche grande ouverte, les yeux plissés, la langue pendante. Il a fini par séduire de parfaits étrangers, qui se trouvaient être de futurs grands-parents. Ce n'était pas juste un bébé content: c'était une caricature de bébé heureux. Et puis je me suis mis à lire des revues sur la psychologie du développement, et j'ai découvert que les passants qui roucoulent «qu'il est heureux ce bébé» se mettent peut-être totalement le doigt dans l'œil. Il se peut que je sois moi-même à côté de la plaque. Le pourquoi et le comment du sourire des bébés est un sujet digne à première vue d'une blague universitaire, mais qui se révèle au final étrangement intéressant. Les recherches suggèrent que le sourire des bébés, au moins après les six premiers mois, peut s'avérer tout aussi social qu'émotionnel. Le sourire peut être notre manière de commencer à communiquer sur le monde qui nous entoure, plutôt qu'une façon d'exprimer ce qui se passe dans notre for intérieur.