Quand il s’agit de parcourir l’Histoire, on se reconnecte avec le passé principalement de manière visuelle, en observant des objets dans un musée, des photographies dans un documentaire, l’écriture d’un manuscrit. On écoute aussi parfois un vieux discours ou on touche une antiquité en se demandant comment l’objet était autrefois utilisé. Mais «notre connaissance du passé est presque totalement désodorisé», déplore la journaliste Courtney Humphries du Boston Globe dans un article sur les historiens qui essayent de recréer les odeurs du passé, et de conserver les odeurs du présent. C’est aller un peu loin de dire que l’on pourra bientôt «sentir le passé», mais l’innovation technologique permet de prendre en compte les odeurs comme des témoignages historiques du passé. Il est déjà possible de sentir des parfums portés il y a un siècle, de recréer la senteur d’une fleur rare même en cas d’extinction de l’espèce, et de mieux comprendre les odeurs que les cultures anciennes appréciaient ou détestaient.