Je refuse, à moins de nouvelles données, de faire le vaccin contre la grippe A(H1N1), à part à deux ou trois enfants qui ont des pathologies sévères. Le serment d'Hippocrate dit "ne pas nuire". Dans ce cas-là, je ne suis pas certaine de ne pas nuire", souligne le docteur Isabelle Lecourtier, pédiatre homéopathe à Paris. Médecins, infirmières, pharmaciens... ils sont nombreux à être réticents. Plus de la moitié des médecins libéraux ne sont pas prêts à se faire vacciner, selon un sondage Ifop publié le 21 septembre par Le Quotidien du médecin. "Une vaccination massive contre un virus grippal relativement bénin présente des risques, du fait d'un vaccin développé trop rapidement, et d'un adjuvant susceptible de déclencher des maladies auto-immunes (...) ; le remède risque d'être pire que le mal", indique le syndicat national des infirmiers (SNPI) CFE-CGC. La crainte des vaccins est souvent plus forte que celle des maladies infectieuses contre lesquelles ils protègent. "Je suis assez réticente aux vaccins, surtout que certaines substances utilisées, comme les adjuvants tels que l'aluminium, sont parfois jugées suspectes", explique Géraldine, maman d'un garçon de 5 ans. Même chose pour ses deux soeurs, Clara et Noémie, mamans elles aussi (les prénoms ont été changés). Elles viennent d'une famille où l'on se soigne beaucoup à l'homéopathie et où l'on est très attentifs aux conditions de vie. Le fils de Géraldine n'a eu que le vaccin DT-polio (diphtérie, tétanos, poliomyélite), seul vaccin aujourd'hui obligatoire, et n'a pas reçu le BCG, contre la tuberculose, alors obligatoire - il ne l'est plus depuis 2007. Sa soeur, Clara, l'aînée (mère de trois enfants de 22, 19 et 17 ans) a toujours fait le strict minimum. Les enfants de Noémie sont eux aussi uniquement vaccinés contre le DT-polio. Plus précisément, "après de longues discussions avec mon médecin sur le BCG, il a répondu pour les quatre enfants : "je vaccine leur carnet de santé"". Ses carnets sont d'ailleurs clairsemés : peu de vaccins, peu de visites chez le médecin. Noémie reconnaît avoir été le mouton noir à l'école lorsque l'une de ses filles a eu la rougeole.