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The Shock Doctrine : The Rise of Capitalism Disaster

Présentation Notice bibliographique: The Shock Doctrine : The Rise of Disaster Capitalism Problématique principale et thèses: Depuis les événements du 11 septembre 2001, les principes de régulation de l'économie mondiale paraissent avoir subi une transformation radicale. Alors qu'auparavant, instabilité rimait avec baisse économique, la prospérité semble désormais s'accroître exponentiellement en lien avec les profonds bouleversements qui jalonnent les dernières années : guerres, cataclysmes naturels, changements politiques, crash boursiers, etc. Une poignée de corporations américaines parviennent à engendrer des profits défiant toute mesure en tirant avantage de la nouvelle conjoncture mondiale, ce que Naomi Klein nomme le capitalisme du désastre (disaster capitalism). L'application conjuguée des principes économiques de l'école de Chicago et de la technique « choc et terreur » (shock and awe) développée par les services secrets américains dans les années 1970 leur ont permis de remodeler l'échiquier global à leur convenance. Ce travail de plusieurs décennies, entamé au moment où les leaders américains contemporains amorçaient leurs carrières, trouve son apothéose dans l'accroissement de la vitesse à laquelle se succèdent les crises, qu'ils entendent bien favoriser et non pas combattre. Au cours des huit années de son mandat, l'administration Bush, et plus particulièrement le trio Bush-Cheney-Rumsfeld, a mené à terme un triple projet en ce sens : 1) La privatisation d'un maximum de tâches normalement dévolues au gouvernement alignant ce dernier sur le modèle des « hollow corporations » telles que Nike ou Apple. 2) La mise en place au niveau mondial d'un état de guerre perpétuelle promettant une source ininterrompue de chocs engendrés, orchestrés et profitables aux seules corporations américaines. 3) Le gel des mesures visant à rectifier la situation environnementale, de même que le perfectionnement d'un protocole maximisant l'efficacité des corporations à tirer un profit immédiat et à long terme des différents cataclysmes qui résulteront de plus en plus fréquemment de cette situation. Place des événements dans l'œuvre: S'il est mentionné avec régularité dans tout l'essai, seul le chapitre 14, intitulé « Shock Therapy in the U.S.A. » porte plus précisément sur le 11 septembre. Il n'y est pas question des détails des attentats, ni de leurs causes politiques, raciales ou religieuses. Par contre, l'un des objectifs de Klein est de démontrer comment le gouvernement et les corporations américaines se sont servis d'une série de chocs ayant affecté différents pays depuis les années 70 pour accroître leur hégémonie et leur capital financier. Ces chocs sont de diverses natures : ils peuvent être d'origine humaine, tels que les coups d'État de dictateurs en Argentine ou en Indonésie, ou d'origine naturelle, comme le tsunami de 2004 ou l'ouragan Katrina ayant dévasté la Nouvelle-Orléans. Ils peuvent être des événements à charge négative, comme l'invasion de l'Irak, ou positive, comme la chute du mur de Berlin pour l'U.R.S.S. ou la fin de l'apartheid pour l'Afrique du Sud. Le seul point en commun est leur caractère néfaste envers les populations, qui ont vu dans chacun de ces pays une ou plusieurs de leurs libertés fondamentales bafouées ou littéralement excisées au nom du profit de la libre entreprise américaine. Les États-Unis ne sont pourtant pas à l'abri de ce type de pratique, comme en témoignent les événements du 11 septembre 2001. Une fois le choc des attentats terroristes atténué, les Américains ont réalisé qu'ils ont été privés d'une partie de leurs libertés par l'adoption du Patriot Act faisant de la nation américaine l'une des plus surveillées dans le monde. De plus, en conséquence directe des attentats, l'administration Bush a pu discrètement privatiser divers secteurs-clefs du gouvernement, par exemple la gestion de l'aide sociale. Ces changements n'auraient jamais reçu l'assentiment de la population, mais ils ont pu être effectués impunément, sans même avoir recours au processus démocratique, sous le couvert du flottement provoqué par la crise. Comme Naomi Klein l'explique avec de nombreux exemples, lorsque l'enjeu d'une crise est une affaire de vie ou de mort, plus personne ne se soucie de l'économie. Dans la vaste majorité des cas de l'histoire récente, ce type de crise s'est produit à l'étranger, mais les événements du 11 septembre représentent un cas de figure où ce sont les Américains qui ont goûté à leur propre médecine. Citation marquante: « It is a strange historical footnote that CNN Evening News on September 10 carried a short story under the headline "Defense Secretary Declares War on the Pentagon's Bureaucracy" and that, the next morning, the network would report on an attack on that institution of a distinctly less metaphorical kind, one that killed 125 Pentagon employees and seriously wounded another 110 of the people whom Rumsfeld had portrayed as enemies of the state less than twenty-four hours earlier. » (p. 344-345) « What happened in the period of mass disorientation after the attacks was, in retrospect, a domestic form of economic shock therapy. The Bush team, Friedmanite to the core, quickly moved to exploit the shock that gripped the nation to push through its radical vision of a hollow government in which everything from war fighting to disaster response was a for-profit venture. It was a bold evolution of shock therapy. Rather than the nineties approach of selling off existing public companies, the Bush team created a whole new framework for its actions – the War on Terror – built to be private from the start. This feat required two stages. First, the White House used the omnipresent sense of peril in the aftermath of 9/11 to dramatically increase the policing, surveillance, detention and war-waging powers of the executive branch – a power grab that the military historian Andrew Bacevich has termed "a rolling coup." Then those newly enhanced and richly funded functions of security, invasion, occupation and reconstruction were immediately outsourced, handed over to the private sector to perform at a profit. Although the stated goal was fighting terrorism, the effect was the creation of the disaster capitalism complex – a full-fledged new economy in homeland security, privatized war and disaster reconstruction tasked with nothing less than building and running a privatized security state, both at home and abroad. The economic stimulus of this sweeping initiative proved enough to pick up the slack where globalization and the dot-com booms had left off. Just as the Internet had launched the dot-com bubble, 9/11 launched the disaster capitalism bubble. » (p. 358-359) Paratexte Table des matières: INTRODUCTION Blank is Beautiful: Three Decades of Erasing and Remaking the World PART ONE Two Doctor Shocks: Research and Development 1. The Torture Lab: Ewen Cameron, the CIA and the Maniacal Quest to Erase and Remake the Human Mind 2. The Other Doctor Shock: Milton Friedman and the Search for a Laissez-Faire Laboratory PART TWO The First Test: Birth Pangs 3. States of Shock: The Bloody Birth of the Counter-Revolution 4. Cleaning the Slate: Terror Does Its Work 5. “Entirely Unrelated”: How an Ideology Was Cleansed of Its Crimes PART THREE Surviving Democracy: Bombs Made of Laws 6. Saved by a War: Thatcherism and Its Useful Enemies 7. The New Doctor Shock: Economic Warfare Replaces Dictatoship 8. Crisis Work: The Packaging of Shock Therapy PART FOUR Lost in Transition: While We Wept, While We Trembled, While We Danced 9. Slamming the Door on History: A Crisis in Poland, a Massacre in China 10. Democracy Born in Chains: South Africa's Constricted Freedom 11. Bonfire of a Young Democracy: Russia Chooses “the Pinochet Option” 12. The Capitalist Id: Russia and the New Era of the Boor Market 13. Let It Burn: The Looting of Asia and “the Fall of Second Berlin Wall” PART FIVE Shocking Times: The Rise of the Disaster Capitalism Complex 14. Shock Therapy in the U.S.A.: The Homeland Security Bubble 15. A Corporatist State: Removing the Revolving Door, Putting in an Archway PART SIX Iraq, Full Circle: Overshock 16. Erasing Iraq: In Search of a “Model” for the Middle East 17. Ideological Blowback: A Very Capitalist Disaster 18. Full Circle: From Blank Slate to Scorched Earth PART SEVEN The Movable Green Zone: Buffer Zones and Blast Walls 19. Blanking the Beach: “The Second Tsunami” 20. Disaster Apartheid: A World of Green Zones and Red Zones 21. Losing the Peace Incentive: Israel as Warning CONCLUSION Shock Wears Off: The Rise of People's Reconstruction Notes Acknowledgments Index 4e de couverture: In this groundbreaking book, the bestselling author of No Logo explodes the myth that the global free market triumphed democratically. Exposing the thinking, the money trail and the puppet strings behind the world-changing crises and wars of the last four decades, The Shock Doctrine is the gripping story of how America’s “free market” policies have come to dominate the world? through the exploitation of disaster-shocked people and countries. At the most chaotic juncture in Iraq’s civil war, a new law is unveiled that would allow Shell and BP to claim the country’s vast oil reserves…. Immediately following September 11, the Bush Administration quietly out-sources the running of the “War on Terror” to Halliburton and Blackwater…. After a tsunami wipes out the coasts of Southeast Asia, the pristine beaches are auctioned off to tourist resorts.... New Orleans’s residents, scattered from Hurricane Katrina, discover that their public housing, hospitals and schools will never be reopened…. These events are examples of “the shock doctrine”: using the public’s disorientation following massive collective shocks – wars, terrorist attacks, or natural disasters -- to achieve control by imposing economic shock therapy. Sometimes, when the first two shocks don’t succeed in wiping out resistance, a third shock is employed: the electrode in the prison cell or the Taser gun on the streets. Based on breakthrough historical research and four years of on-the-ground reporting in disaster zones, The Shock Doctrine vividly shows how disaster capitalism – the rapid-fire corporate reengineering of societies still reeling from shock – did not begin with September 11, 2001. The book traces its origins back fifty years, to the University of Chicago under Milton Friedman, which produced many of the leading neo-conservative and neo-liberal thinkers whose influence is still profound in Washington today. New, surprising connections are drawn between economic policy, “shock and awe” warfare and covert CIA-funded experiments in electroshock and sensory deprivation in the 1950s, research that helped write the torture manuals used today in Guantanamo Bay. Klein follows the application of these ideas through our contemporary history, showing in riveting detail how well-known events of the recent past have been deliberate, active theatres for the shock doctrine, among them: Pinochet’s coup in Chile in 1973, the Falklands War in 1982, the Tiananmen Square Massacre in 1989, the collapse of the Soviet Union in 1991, the Asian Financial crisis in 1997 and Hurricane Mitch in 1998. Dédicace: For Avi, again Page couverture: Impact de l'œuvre et reception: Un court-métrage (6 min) a été tiré du livre. Le film The Shock Doctrine, produit et réalisé par le célèbre cinéaste mexicain Alfonso Cuaron (Children of Men, Y tu mama tambien) se veut un résumé extrêmement rapide des thèses du livre, de façon à attirer l'attention du spectateur. Le film a été lancé sur YouTube pour en garantir la distribution : http://www.youtube.com/watch?v=aSF0e6oO_tw. Le livre s'est vu décerné le prix Warwick pour l'année 2009, l'année d'inauguration de cette récompense nouveau genre. Ce prix de l'université britannique de Warwick récompense les œuvres ayant fait preuve d'innovation et d'évolution de l'écriture en langue anglaise. Site du prix Warwick : http://www2.warwick.ac.uk/fac/cross_fac/prizeforwriting/ Article de presse sur le prix 2009 : http://www.guardian.co.uk/books/2009/feb/24/naomi-klein-warwick-prize. Il est intéressant de noter le point, soulevé par Klein sur son site internet, concernant la portée et la puissance de son livre. Alors qu'en général, une œuvre aussi contestataire de l'idéologie dominante est généralement rapidement contredite et discréditée, The Shock Doctrine a été l'objet d'un silence d'un an. La critique qui a suivi, presque intégralement dirigée vers l'auteure plutôt que vers ses thèses, s'est révélée d'une faiblesse singulière en comparaison à l'argumentation extrêmement documentée qu'elle tentait de réfuter : http://www.naomiklein.org/articles/2008/09/response-attacks. Pistes d'analyse Pistes d'analyse: Différentes théories entourent inévitablement un événement de l'ampleur des attentats du 11 septembre. Dans ce cas particulier toutefois, un sentiment fort répandu fut d'y voir l'œuvre d'une conspiration dont l'auteur en chef est la plupart du temps le président des États-Unis lui-même. Malgré le portrait accablant que fait Noami Klein de l'administration Bush et de la réaction du président aux événements, sa thèse se trouve paradoxalement être la réfutation la plus probante de l'ensemble du discours de la théorie du complot sur les attentats. Son livre se situe à l'opposé du texte d'opinion; les arguments qu'elle avance sont justifiés par un nombre énorme de sources crédibles et vérifiables et n'ont en fait été l'objet que d'une seule tentative de contestation, plutôt faible et inconsistante. Du fait même que cette thèse soit si solidement fondée, elle rend de facto caduques les autres explications en porte-à-faux avancées par les « conspirationnistes ». Ceci est toutefois loin d'être rassurant, comme le fait remarquer l'auteure : « The truth is at once less sinister and more dangerous. An economic system that requires constant growth, while bucking almost all serious attempts at environmental regulation, generates a steady stream of disasters all on its own, whether military, ecological, or financial. […] While the disaster capitalism complex does not deliberately scheme to create the cataclysms on which it feeds (though Iraq may be a notable exception), there is plenty of evidence that its component industries work very hard indeed to make sure that current disastrous trends continue unchallenged. » (p. 513-514) Parce que cette conclusion étonnante à laquelle arrive Klein semble si crédible, elle est d'autant plus difficile à envisager. Le gouvernement américain n'est évidemment pas à l'origine des attentats du 11 septembre 2001, comme le discours[...]

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