Dans un article récent du Monde récapitulant les intentions de votes aux élections présidentielles depuis 1981, Thomas Wieder montrait que le « moment de cristallisation » – c’est-à-dire la période à partir de laquelle les sondages ne varient plus guère et où un favori se dégage clairement – a eu lieu à des moments très différents de la campagne. Il est bien entendu difficile de déterminer, au cours de la campagne, quand ce moment survient, puisqu’on ne peut véritablement le détecter que quand les résultats sont connus. De plus, la lecture des très nombreuses intentions de vote, qui peuvent en apparence présenter des enseignements contradictoires, rend particulièrement ardue la détection de tendances lourdes.