Les avocats de l'ex-premier ministre, contre qui 18 mois avec sursis ont été requis, ont plaidé tour à tour ce mercredi, accablant Lahoud et clamant l'innocence de leur client. Dix-huit mois avec sursis. Pas un instant durant leurs cinq heures de plaidoiries, les avocats de Dominique de Villepin n'ont évoqué mercredi la sévère condamnation requise par le parquet, leur client étant, selon eux, totalement «in-no-cent» dans l'affaire Clearstream. Mardi, le procureur de Paris Jean-Claude Marin avait estimé que l’ancien Premier ministre s’était rendu complice de dénonciation calomnieuse «par abstention». A ses yeux, il aurait dû, et pu, stopper le train de la calomnie lancé par l’ancien vice-président d’EADS Jean-Louis Gergorin, au lieu de se cantonner dans un silence coupable. «Le parquet a forcément beaucoup réfléchi dans ce dossier», s’est amusé Me Metzner, en jetant un œil au procureur de Paris par-dessus ses lunettes. Pourtant, a-t-il ironisé, «jamais personne en France n’a été condamné pour avoir omis de faire quelque chose. On imagine: "J’ai été condamné pour n’avoir rien fait."» Avec ce tarif-là, a plaidé l’avocat, Michèle Alliot-Marie, ministre de la Défense à l’époque des faits et même Nicolas Sarkozy, alors à Bercy, seraient coupables du même chef.