Comment peut-on alors prendre en compte une complicité passive ? La jurisprudence réprime la passivité lorsqu'elle procède de la "collusion", c'est-à-dire, selon la définition du dictionnaire, de l'"entente secrète en vue de tromper ou de causer un préjudice". Quelques arrêts vont en ce sens, dont un caractéristique : le cas d'un expert-comptable qui ne vérifie pas les chiffres qui lui ont été donnés par son client dans la confection d'un bilan frauduleux. Que faut-il en conclure dans le cas du procès Clearstream ? Il n'y a pas l'acte matériel qui caractérise normalement la complicité. Par ailleurs, en vertu du principe général du droit, le doute profite au prévenu. Il en résulte que "le juge doit prononcer une relaxe dès lors qu'un doute subsiste sur l'existence même de l'infraction, de la réalisation de ses conditions, ou encore sur la participation de ses auteurs". Il ne pourrait y avoir "complicité de dénonciation calomnieuse" que si, au moment où il a été informé de la dénonciation – c'est-à-dire du fait que telle ou telle personne allait transmettre des listings au juge – Dominique de Villepin avait la certitude absolue de leur fausseté. Si le procureur avait cette totale certitude, ses réquisitions sont justifiées. Si un doute demeurait dans son esprit, elles sont infondées.