Informations
Les Expositions à voir - created by totoleheros
Courez-y !!!!!
Public Group
Date : the 30/11/2007
Visited : 14375
SpotRank : 9255
Channel: Culture, Music, TV
Permalink :
 

Les Expositions à voir Follow

Georges Rousse à la MEP

Georges Rousse à la MEP

L’histoire contemporaine des arts a ses mystères, qui promeut à grand bruit certains artistes au détriment totalement injustifié d’autres. C’est le cas de Georges Rousse, artiste photographe de 61 ans dont la démarche plasticienne s’est vraiment fait discrète ces temps derniers sur les cimaises. Aujourd’hui, une partie de ses récents travaux sont exposés à la Maison européenne de la photographie, et avec une cinquantaine de grands tirages (allant parfois jusqu’à 2 x 3 m), des dessins préparatoires ainsi qu’une salle tout entière transformée en project room retraçant son parcours artistique depuis le début des années 1980, cette exposition prend plutôt l’allure consistante d’une rétrospective. On ne peut donc qu’être réjoui de pouvoir ainsi reparcourir l’œuvre photographique de cet artiste français né en 1947 qui a délibérément mis de côté la référence au portrait, au sujet, au paysage et autre image documentaire, afin d’investir les contrées plus obscures et abstraites de l’effet d’optique, de l’illusion du réel. Mais sans doute pour brouiller les pistes de sa position, Georges Rousse ne se situe pas non plus dans l’une des catégories contemporaines attendues de la photographie plasticienne, comme l’enregistrement de la réalité d’une ville (Jean-Marc Bustamante), la trace d’une performance réalisée dans un paysage (Land Art), le fruit d’un photomontage ou d’une retouche logicielle (Andreas Gursky) ou la vue rapprochée de fragments urbains (Stéphane Couturier). Pour lui, la photographie est “la mémoire d’un lieu, puis la mémoire de l’action dans ce lieu”. En effet, en transportant son atelier sur les chantiers en friche, dans des logements, entrepôts, sites industriels en totale déshérence, Georges Rousse s’est mis techniquement à construire ses “angles” de vue. C’est dans ces espaces délaissés qu’il greffe et peaufine son action : une intervention à même l’architecture, fabriquant peu à peu sur les lieux de quoi construire une image basée sur le trompe-l’œil. Au final, cela donne une œuvre qui s’articule tout entière autour de l’anamorphose : soit un parcours unique pour le médium “photographie”. Mais avant d’arriver à ce résultat étonnant, la fabrication de cet effet de perspective très particulier mérite que l’on s’y attarde. “Je travaille avec un appareil photo grand format qui est une chambre 10 x 12,5 cm qui un système optique un soufflet, un verre dépoli”, précise George Rousse. Visuellement, quand je regarde à travers le dépoli, je vois une image renversée de l’espace que je suis en train de regarder. Puisque c’est un système optique direct, il n’y a pas de miroir intermédiaire qui redresse l’image. Sur le verre dépoli, je trace la forme que je veux reproduire et je reproduis point par point cette forme dans l’espace en faisant des allers-retours de l’espace au dépoli.”

TAGS
View original story on http://lucileee.blog.lemonde.fr/2008/04/19/georges-rousse-a-la-mep/
YOUR REACTION
YOUR REACTION