Du droit du plus fort. Dénonçant un système éducatif où le caprice des plus forts fait loi, Jan Guillou dresse un brûlant réquisitoire contre la violence et ses impasses dans cette œuvre largement autobiographique qu’est La Fabrique de violence. Erik, le personnage principal, enfant battu par un père au ceinturon véloce, passe de la prison familiale à celle du collège. Il y subit des sévices identiques, aussi bien étouffés par l’institution scolaire que par sa mère complice d’un mari tortionnaire. Héroïque, il se bat bec et ongles pour préserver son honneur d’homme et s’efforce de demeurer debout. Christophe Caustier, mis en scène par Tiina Kaartama, s’empare avec une intelligence et une maîtrise incroyables de ce rôle de victime résistante. La prestation est époustouflante, le travail est remarquable, le résultat est inouï.