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Courrier international, ?TATS-UNIS ? Chinois et fiers de l'?tre

Courrier international, ?TATS-UNIS ? Chinois et fiers de l'?tre

ÉTATS-UNIS • Chinois et fiers de l'être Face aux manifestations en faveur de la cause tibétaine et aux critiques à l'égard de la domination culturelle chinoise, les étudiants chinois se mobilisent parfois bruyamment pour défendre leur pays et leur identité. Un manifestant chinois lors d'une manifestation à San Francisco, le 9 avril AFP Le 22 avril, les étudiants chinois étaient venus nombreux pour écouter le discours d'un moine tibétain à l'air affable en visite dans leur université de la Californie du Sud. Quand vint le temps des questions, ce fut un véritable déluge. Si le Tibet ne fait pas partie de la Chine, pourquoi est-ce l'empereur chinois qui a donné son titre au dalaï-lama ? Comment vivaient les Tibétains sous le règne des principes bouddhistes avant l'"oppression" de la Chine et ses efforts de modernisation ? Qu'en est-il des liens entre le dalaï-lama et Hitler ? Alors que le moine s'efforçait de faire front aux étudiants, ces derniers se faisaient de plus en plus hostiles, brandissant des photos et des chiffres pour appuyer leurs propos. "Arrêtez de mentir ! Arrêtez de mentir !" lança un jeune homme comme une bouteille en plastique venait frapper le mur derrière le moine. Au cours des dernières semaines, les scènes de ce genre se sont multipliées dans les universités de tout le pays à mesure que les étudiants chinois se sont vus confrontés à une image de leur pays ni flatteuse ni familière. Après les émeutes au Tibet, en mars dernier, les incidents sur le parcours de la flamme olympique et les appels au boycott de la cérémonie d'ouverture, les étudiants chinois, généralement discrets sur les questions politiques, ont décidé de lutter contre ce qu'ils estiment être un parti pris anti-Chine. Les campus de l'université Cornell, dans l'Etat de New York, et de celles de l'Etat de Washington à Seattle et de Californie à Irvine ont ainsi été le théâtre de contre-manifestations employant des moyens pour le moins choquants dans le milieu universitaire américain. A l'université Duke, en Caroline du Nord, des étudiants chinois ont perturbé une veillée de soutien à la cause tibétaine tandis qu'un étudiant chinois recevait des menaces de mort après avoir tenté une médiation entre les deux parties. La colère des étudiants s'explique moins par leur soutien au gouvernement de Pékin que par leur indignation face au regard occidental sur leur pays et à la longue histoire d'amour entre le Tibet et l'Occident. "On nous néglige depuis trop longtemps", soupire Jasmine Dong, étudiante à l'université de Californie du Sud. Elle veut dire que les médias occidentaux refusent de reconnaître les efforts de la Chine et restent sourds aux témoignages de la diaspora chinoise. Selon ces étudiants, la Chine aura beau faire, elle n'aura jamais les faveurs de l'opinion publique mondiale. "Quand nous étions 1 milliard de ressortissants, vous disiez que nous détruirions la planète ; quand nous avons voulu limiter notre population, vous avez crié à la violation des droits de l'homme", dit un poème mis en ligne sur Internet par un "Chinois silencieux" et cité par plusieurs étudiants pour ce qu'il reflète fidèlement leur sentiment. "Quand nous étions pauvres, vous nous preniez pour des chiens. Quand nous vous prêtons de l'argent, vous nous tenez pour responsables de vos dettes. Quand nous développons notre industrie, vous nous traitez de pollueurs. Quand nous vous vendons des produits, vous nous accusez d'aggraver le réchauffement climatique", poursuit-il. Une autre explication au zèle de nombreux étudiants chinois pourrait être qu'eux aussi comptent rentrer un jour au pays. Or on soupçonne fortement le gouvernement chinois de surveiller l'envoi de courriers électroniques. Les étudiants se sont également dits agacés par les nombreux comptes rendus occidentaux qui passaient sous silence la violence de certains manifestants tibétains, dont plusieurs ont détruit des magasins tenus par des Chinois han (l'ethnie majoritaire en Chine). Selon les sources officielles, 22 Chinois auraient trouvé la mort au cours de ces émeutes. Leur colère se teinte également d'une grande désillusion. Pendant les événements de Tian'anmen, en 1989, les médias occidentaux étaient considérés comme autrement plus objectifs. "Nous pensions que les médias occidentaux étaient impartiaux", explique Chou Wu, étudiante en physique des matériaux âgée de 28 ans. "En réalité, nous avons découvert qu'ils étaient encore plus partisans que les médias chinois. Ils ne valent pas mieux et le pire, c'est qu'ils sont contre nous".

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