Les célèbres violons fabriqués par Antonio Stradivarius sont nimbés d'un halo de légendes, dont celle du vernis qui les enrobe et auquel a souvent été attribué leur sonorité exceptionnelle. Après des années de recherches, la composition de ce vernis vient d'être révélée. Surprise ! Une blague court en Bretagne depuis longtemps : « On connaît enfin le secret des menhirs : ils sont en pierre ». Après quatre années d'études, on peut en dire autant du vernis qui recouvre les stradivarius : c'est un vernis. Du type de celui qu'utilisaient tous les artisans de l'époque. Pour arriver à cette conclusion, une équipe de douze chercheurs français et allemands coordonnée par Jean-Philippe Echard, chimiste au laboratoire du Musée de la musique de Paris, a mis en oeuvre des moyens colossaux : le synchrotron français de Saclay (le plus récent au monde), l'Institut des sciences de Dortmund et trois laboratoire du CNRS. L'enjeu était de taille : personne jusqu'à présent n'était parvenu à livrer la formule exacte du fameux vernis.