En octobre dernier, le président de la Commission européenne a chargé Mario Monti de rédiger un rapport sur la relance du marché unique. Objectif annoncé : approfondir le marché européen, tout en accordant davantage d'importance à la protection sociale à travers une meilleure coordination fiscale. Un tel plan peut-il fonctionner ? José Manuel Barroso est connu pour sa propension à faire plaisir à tout le monde sans jamais contenter personne, faute d'afficher une orientation politique claire. La composition de sa nouvelle équipe est une nouvelle illustration des talents d'équilibriste du Portugais : une majorité de conservateurs, des libéraux représentés au-delà de leur poids politique au Parlement, des socialistes et un Français (deux termes plus ou moins synonymes à Bruxelles) à des postes d'influence économique… Ceux qui attendent de la Commission qu'elle se transforme en un gouvernement de l'Union européenne auront bien du mal à déchiffrer dans ces nominations l'esquisse d'un programme politique pour les cinq années à venir. C'est oublier que la mission dévolue à la Commission est de défendre l'intérêt général européen. C'est-à-dire assurer l'application et le respect des traités communautaires.