Peut-être moins passionnant et maîtrisé que Sans Soleil , le mystère Koumiko (malgré la pauvreté de ma copie et ses images toutes délavées) possède un certain charme impalpable comme le visage de la sus-nommée Koumiko. Prenant le prétexte des Jeux Olympiques de Tokyo en 1964, Marker balade sa caméra dans les rues nipponnes avec en commentaire off les réponses dans son français d'Alliance Française de l'éthérée Koumiko. Née en Mandchourie, elle se sent 100% japonaise car elle vit au Japon depuis l'âge de 10 ans et quand on lui demande ce qui est typique dans ce pays, elle répond ingénuement "l'air est mouillé"; notre Chris, toujours à l'affût, d'enchaîner avec une affiche des Parapluies de Cherbourg et avec la plus belle musique du monde de Legrand (ta-ta-ta-taa... bon je sais pas chanter de toute façon). Elle nous renseigne sur la mode du physique à l'occidental - il est de bon ton de se faire retrousser le nez et agrandir les yeux (l'inverse serait étonnant) ou encore sur ce qu'elle recherche ("J'ai besoin de vivre" - tope-là). En dehors des éternels clin d'oeil aux chouettes et aux chats, on a droit à Tokyo by night, une procession de samouraïs ou encore des enchaînements d'aïkido. Lorsque pour rire Koumiko téléphone pour avoir son horoscope, on lui rappelle que le plus important est d'obéir à ses supérieurs et de ne pas se révolter - c'est marrant je suis sûr que c'est le même, demain, en Chine, pour tous les signes... Elle a enfin quelques mots sur la tendresse de toute beauté : "C'est l'espoir de ma vie. Je pourrais mourir pour cela" dit-elle avec un petit accent craquant - pas de regret, elle est vieille maintenant la Koumiko.