Informations
Vin bourgogne - created by matlebat
Mon spot degustateur
Public Group
Date : the 08/06/2007
Visited : 139691
SpotRank : 248
Channel: Leisure, Home, Garden
Permalink :
 

Vin bourgogne Follow

Bordeaux 2007

LE GOÛT DES MEILLEURS VINS Le constat général sur les primeurs de Bordeaux -petite, moyenne, grande ou exceptionelle année- ressemble de plus en plus à un attrape gogo. Depuis 1998, tous les millésimes, sans exception, auront vu des producteurs maîtriser avec leur talent et leurs moyens des conditions climatiques plus ou moins difficiles. Dans les millésimes compliqués, le nombre de ces producteurs est plus limité que dans les millésimes "idéaux", c'est tout. A cette aune, millésime ultra compliqué, 2007 offre un panorama extrêmement sélectif, mais les meilleurs sont incontestablement de grands vins. En revanche, alors que le savoir-faire technique et humain, les moyens engagés et le réchauffement climatique rendent obsolète ce jugement global, jamais les conditions économiques des marchés ne se sont autant radicalisées. Les achats de grands vins sont de plus en plus internationaux et spéculatifs : soit on achète en pensant plus-value, soit on n'achète pas. A cette seconde aune, euro stratosphérique et crise des subprimes plombante, il n'y a pas besoin d'être grand clerc pour savoir que ce type d'achat ne se fera pas avec les 2007. Il y a trente ans les marchés étaient stables et la qualité des millésimes instable, aujourd'hui c'est exactement le contraire. Reste donc un millésime, passionnant à plus d'un titre, à explorer : c'est ce que nous faisons dans les pages de ce 48e numéro qui ouvre une nouvelle époque pour TAST. En effet, après quelques mois de réflexion, nous avons choisi de repenser TAST, ses rythmes comme son contenu. Ce Spécial Primeur, par sa thématique même, ne reflète pas tous les changements formels que nous avons préparés et pensés, mais vous les découvrirez en revanche dès le mois de juin, avec un TAST totalement renouvelé pour aller plus loin dans notre analyse et observation de l'univers des vins de qualité. n°48 avril 2008 TAST LE GOÛT DES MEILLEURS VINS Le millésime 2007 à Bordeaux T h i e r r y D e sseauve Dégustations réalisées par Michel Bettane, Alain Chameyrat et Thierry Desseauve, avec Guy Charneau et Denis Hervier Coordination éditoriale : Véronique Raisin Conception graphique : Hicham Abou Raad Diffusion : Béatrice Boullier Publié par BDT Médias, avril 2008 Directeur de la publication : Thierry Desseauve SAUTERNAIS SAUTERNES-BARSAC, PAGE 8 RÉGION DES GRAVES PESSAC-LÉOGNAN ROUGES, PAGE 15 PESSAC-LÉOGNAN BLANCS, PAGE 20 GRAVES ROUGES, PAGE 24 GRAVES BLANC, PAGE 24 MÉDOC MÉDOC, PAGE 25 HAUT-MÉDOC, PAGE 26 MOULIS, PAGE 30 LISTRAC, PAGE 31 MARGAUX, PAGE 32 SAINT-JULIEN, PAGE 38 PAUILLAC, PAGE 42 SAINT-ESTÈPHE, PAGE 49 RIVE DROITE SAINT-ÉMILION GRAND CRU, PAGE 53 SAINT-ÉMILION GRANDS CRUS CLASSÉS, PAGE 64 POMEROL, PAGE 73 CÔTES DE CASTILLON, PAGE 79 LALANDE-DE-POMEROL, PAGE 80 FRONSAC, PAGE 81 MONTAGNE SAINT-ÉMILION, PAGE 82 LUSSAC SAINT-ÉMILION, PAGE 82 PUISSEGUIN SAINT-ÉMILION, PAGE 83 CÔTES DE BOURG, PAGE 84 BLAYAIS, PAGE 84 AUTRES VINS BORDEAUX, BORDEAUX SUPÉRIEUR, SAINTE-FOY BORDEAUX ET BORDEAUX BLANC, PAGE 85 n°48 avril 2008 S O M M A I R E 3 Le millésime 2007 à Bordeaux 4 S P É C I A L P R I M E U R S 2 0 0 7 La première chose à ne pas faire avec les bordeaux 2007, et qui a été hélas ! commise par de nombreux dégustateurs superficiels ou mal intentionnés, français ou étrangers, est de ne pas confondre millésime faible ou moyen et millésime difficile. 2007 sera en effet tout sauf un millésime faible ou moyen. Les conditions climatiques très difficiles à gérer des mois de juin, juillet et août ne donnaient pas de grands espoirs aux vignerons. Les meilleurs ont pourtant lutté sans relâche et avec succès contre les attaques d’un mildiou particulièrement virulent, et ont mis en place pendant tout l’été des équipes considérables (pratiquement un homme pour deux hectares de vigne) pour obliger la vigne à ne pas trop produire, éliminer tous les raisins qui auraient eu du mal à mûrir, et surtout créer ou aider à l’arrêt de croissance de la vigne, indispensable pour qu’elle puisse se consacrer à ses raisins ! Ceux qui l’ont fait ont été clairement récompensés par six semaines d’un temps absolument favorable de début septembre à la mi-octobre. Les raisins les plus tardifs, comme les cabernets, ont certainement le plus profité de cette superbe fin de saison, particulièrement sur la rive gauche (Médoc, Graves), ce qui rend certains jugements à l’emporte-pièce criant déjà à la victoire de la rive droite parfaitement absurdes. La guerre des deux rives est d’ailleurs un concept complètement stupide qui ne peut plaire qu’à des ama- PRIMEURS 2007 Le millésime 2007 à Bordeaux Qualifié de difficile à cause de conditions climatiques peu favorables, le millésime 2007 a tout de même engendré de belles réussites chez les meilleurs vignerons. On sera notamment surpris par la très belle qualité des vins blancs secs et des liquoreux. p a r M i c h e l B e t t a n e teurs incultes ou à des professionnels incompétents. Cette année, il y aura donc aussi de très jolis vins de merlots, si possible encore plus jolis si complétés par de beaux cabernets francs, mais, comme le souligne Thierry Desseauve, ces vins sont des mécaniques de haute précision : le moindre défaut de réglage ou d’investissement humain et les vins seront naturellement raides et sans intérêt. Mais il ne fallait pas être sorcier pour repérer immédiatement la meilleure constitution d’ensemble des médocs de grand terroir, liée à la haute qualité des cabernets sauvignons. Rappelons des faits et non pas des préjugés ou des billevesées nées de la jalousie ou de la rancoeur par rapport au faible niveau du dollar… Les cabernets sauvignons de fin de vendange dépassaient pratiquement partout 12° naturels avec des teneurs en tannin et en matière colorante égales ou supérieures à la plupart des grands millésimes de la fin du dernier millénaire. Oui, les 2007, que n°48 avril 2008 S P É C I A L P R I M E U R S 2 0 0 7 5 6 S P É C I A L P R I M E U R S 2 0 0 7 cela plaise ou non, ont plus de corps et d’intensité de constitution que les 1996, par exemple, ou les 1989 ! Les grands médocs sans chaptalisation dépassent en effet 13° avec des indices tanniques souvent supérieurs à 65 ! Sont-ils pour autant parfaits et harmonieux ? L’été fut médiocre, mais les sommes totales de température pendant le cycle végétatif ont été supérieures à la moyenne. Voilà qui explique la richesse naturelle en sucre des raisins, renforcée par la concentration finale quand le rapport entre la charge en raisin et le feuillage était intelligent ! La qualité du fruité, en revanche, n’a pas atteint celle des 2000 ou des 1990, sans être pour autant médiocre. Il y aura beaucoup de notes de fruits rouges et pas de fruits noirs, et une élégance de vin de millésime tempéré et non pas tropical, ce qu’évidemment, certains critiques américains ne peuvent comprendre. Quant à la verdeur supposée des tannins de nombreux crus, critique formulée dans de nombreux forums de sites spécialisés, elle est réelle pour beaucoup de vins de second rang, mais souvent, c’est un phantasme de dégustateurs mal formés ou mal intentionnés qui confondent prises de bois (et hélas ! souvent de bois vert) et manque de maturité, et qui ignorent la nature même des tannins de cabernets et leur capacité à se polymériser lentement au cours de l’élevage et du vieillissement en bouteille. Tout se passe comme si le modèle pour juger ces vins de garde était le type le plus fréquent des vins du Sud, qui naissent tout faits, immédiatement reconnaissables, mais en contrepartie peu sujets à se métamorphoser avec l’âge. On sera également fort satisfait des vins liquoreux, qui ont bénéficié pendant les trois premières semaines d’octobre d’un développement de pourriture très noble, avec des tris non précipités, librement échelonnés dans les meilleures propriétés. Bien entendu, les vins n’ont pas le goût de champignon que certains associent à la pourriture noble, la confondant souvent avec la pourriture grise, et ils pourront apparaître comme manquant de “rôti”. Dans vingt ans, ils régaleront les collectionneurs avisés. La surprise est quand même venue des vins blancs secs, d’une rare finesse aromatique même si vendangés bien avant les rouges. L’explication de ce phénomène, qui, d’ailleurs, reste quand même un peu mystérieuse, et donnée par tous les producteurs, est la relative fraîcheur des nuits qui a développé le potentiel aromatique des sauvignons. Reste à vérifier que ce charme très précoce sera aussi durable. Nous allons tous certainement, en suivant dans leur évolution les vins les mieux constitués, beaucoup apprendre sur le vieillissement des blancs. Pour terminer, je dois rappeler que les différences de niveau traditionnelles entre les millésimes n’ont plus de raison d’être aujourd’hui, du moins pour les vins de grand terroir. On peut certes plaisanter grassement sur la sévérité des sélections actuelles des plus célèbres châteaux et l’imputer à leur appât du gain, en disant qu’en diminuant de façon drastique les quantités, ils maintiennent artificiellement des prix élevés et renforcent la spéculation sur chaque bouteille. On est plus près de la vérité en disant qu’aujourd’hui, ces crus recherchent avant tout la plus haute qualité possible et reviennent aux volumes de production des millésimes légendaires du passé, en se repliant sur le meilleur de leur terroir. On comprendra tout aussi facilement que si, sur dix raisins, on ne met plus dans la cuve que les cinq ou six parfaitement mûrs, on peut réussir chaque année des vins de style et de caractère. Ce n’est plus la constitution qui différenciera entre elles les années, mais de subtiles différences d’arôme et de texture dont l’analyse fera la joie de tous ceux qui aiment sincèrement et loyalement les vins de Bordeaux. n°48 avril 2008 S P É C I A L P R I M E U R S 2 0 0 7 7 8 S P É C I A L P R I M E U R S 2 0 0 7 SAUTERNES-BARSAC Excellent millésime : pourriture noble très pure, niveau élevé d’acidité naturelle équilibrant de façon très élégante le sucre résiduel de la plupart des crus, et surtout grande richesse aromatique, semblable à celle des vins blancs secs, donnant à tous les vins un charme immédiat. Le taux de réussite global est remarquable chez les crus classés dégustés. Certainement le potentiel le plus élevé de garde et de qualité depuis 2001. CHÂTEAU D’YQUEM Un équilibre exemplaire entre alcool, acidité et sucre, une grande richesse aromatique, un vin parfaitement vinifié et digne de la réputation du cru, mais il ne domine pas l’ensemble de la production locale de façon aussi marquée qu’en 2005 ou 2006. 18,5-19/20 CHÂTEAU CLIMENS Comme toujours, l’assemblage final n’est pas encore fait et donc le vin ne peut être noté. La dégustation de tous les lots séparés impressionne par la pureté presque magique des parfums et l’extrême définition du terroir. Mon sentiment intime (ndlr : Michel Bettane) est qu’il pourrait même dépasser Yquem dans ce millésime. Non notable CHÂTEAU COUTET Un vin complet, impressionnant par ses notes magnifiques d’agrumes et une petite amertume finale qui donne à la liqueur un charme unique. Beaucoup d’éclat et de raffinement dans la saveur, sans doute un des vins les plus aboutis de la propriété à la naissance depuis vingt ans ! 18,5-19/20 SAUTERNAIS CHÂTEAU LAFAURIE-PEYRAGUEY Notes légèrement beurrées au nez, dues à la prise de bois en début d’élevage, vin complet, pourriture noble splendide de pureté et d’éclat, grande longueur. 18-18,5/20 CHÂTEAU CLOS HAUT-PEYRAGUEY Vin très riche et équilibré en raison de sa belle acidité, matière impressionnante de densité, finale longue et pure, un classique de la partie “haute” du Sauternais. 18-18,5/20 CHÂTEAU RABAUD-PROMIS Nez complexe avec des nuances très fruitées d’abricot, fortement marqué par une pourriture noble “rôtie”, beaucoup de montant et d’énergie dans la liqueur en plus de sa richesse naturelle en sucre, vin complet, confirmant la réussite remarquable des trois derniers millésimes. Sans doute le rapport qualité/prix le plus remarquable en premier cru classé. 18-18,5/20 CHÂTEAU LA TOUR BLANCHE Arômes très fins d’agrumes, grande richesse, très élégant et pur, mais, du moins sur cet échantillon, un peu moins d’éclat en rétroolfaction que le vin qui le précédait en dégustation à l’aveugle, Lafaurie-Peyraguey. 17,5-18/20 CHÂTEAU RAYMOND-LAFON Splendide arôme très pur de cédrat (l’agrume le plus souvent retrouvé en dégustation dans les échantillons de ce millésime), grand équilibre, vin complet, puissant, fin et racé, comme toujours et du niveau supérieur des premiers grands crus classés. Vin dégusté au château, car ne faisant pas partie des crus classés ou des membres de l’Union des grands crus. 17,5-18/20 n°48 avril 2008 S P É C I A L P R I M E U R S 2 0 0 7 9 10 S P É C I A L P R I M E U R S 2 0 0 7 CHÂTEAU NAIRAC Remarquable richesse de constitution et pureté aromatique tout aussi impressionnante, barsac complet, le plus harmonieux et le plus abouti des seconds crus de l’appellation. On appréciera particulièrement la toute petite touche amère qui, comme à Coutet, rappelle la saveur des meilleurs rieslings récoltés en tri de pourriture noble. 17,5-18/20 CHÂTEAU RIEUSSEC Léger trouble dans la robe témoignant de la jeunesse de l’échantillon ! Prise de bois un peu marquée, masquant les arômes primaires, très riche en liqueur, tendu par son acidité, certainement très opulent et complet, mais terminant sur des notes un peu amères, mais cette fois-ci d’un amer dû au SO2 plus qu’au raisin ! 17/20 CHÂTEAU GUIRAUD Plus doré que la moyenne, presque ambré sur les bords du verre, arômes puissants et très confits de fruits jaunes, très “rôti” en bouche, un rien plus simple et moins diversifié dans la palette aromatique que d’autres, long, “collant”, ce qui est un bon signe, et visiblement moins protégé par le SO2 que ses pairs. 17/20 CHÂTEAU SUDUIRAUT Pâle, puissant et équilibré en bouche, moins “rôti” et complexe que d’autres à ce stade, mais à l’inverse de Guiraud, l’échantillon est l’un des plus protégés par le SO2 de l’ensemble des crus. 17/20 CHÂTEAU DOISY-VÉDRINES Très pâle, magnifique arôme fermentaire de mirabelle et de poire, splendide acidité, grande franchise de saveur, remarquablement typé Barsac en fin de bouche par une note saline propre au sol calcaire ! Excellent ! 17/20 CHÂTEAU DOISY DAËNE Un tout autre style que son voisin, comme d’habitude ! Très pâle, très riche en arômes primaires frais comme pamplemousse ou ananas, vivifiant, nerveux, lui aussi marqué par une petite et délicieuse touche d’amertume, très “technique” dans son absence totale d’oxydation des parfums, pas aussi riche en liqueur et “rôti” que d’autres crus classés, mais d’une impeccable perfection formelle. 17/20 CHÂTEAU D’ARCHE Sauternes ultra classique dans ses arômes, dans sa forme et dans son avenir probable. Une valeur sûre et un rapport qualité/prix exemplaire pour un liquoreux de cette qualité. 17/20 CHÂTEAU DE MALLE Boisé pas assez fondu au nez (c’est excusable en début d’élevage), mais derrière ces notes de “planche”, il y a une délicieuse saveur d’agrumes, un rôti parfait du raisin, une longueur impressionnante et un charme difficile à décrire par des mots, mais qui est lié au fruité original des vins de Preignac. 17/20 CHÂTEAU DE FARGUES Très riche et puissant au nez et en bouche, très “rôti” mais avec un léger déficit en complexité des arômes primaires par rapport aux tout meilleurs. Un vin riche, classiquement constitué et qui évoluera lentement mais sûrement en bouteille. 17/20 n°48 avril 2008 S P É C I A L P R I M E U R S 2 0 0 7 11 12 S P É C I A L P R I M E U R S 2 0 0 7 CHÂTEAU CAILLOU Robe très claire et échantillon sans doute légèrement filtré mais sans que cela ait altéré sa finesse et son charme aromatique. Le vin associe avec élégance et même un certain panache finesse et puissance, avec une typicité Barsac évidente. Un bel avenir se prépare ! 16,5/20 CHÂTEAU SIGALAS RABAUD Un peu trop marqué au nez par le SO2, mais de toute évidence très riche et marqué par une pourriture noble irréprochable, finale un rien plus terne sur cet échantillon que celle des Peyraguey (Lafaurie et le Clos), il faudra le revoir à la veille de la mise en bouteille. 16,5/20 CHÂTEAU MYRAT Plus jaune que la moyenne comme Guiraud, notes puissantes d’abricot confit au nez, gras voire onctueux, collant en arrièrebouche, très “rôti”, un rien plus lourd que d’autres barsacs, mais fait avec soin et digne de la haute valeur du millésime. Rapport qualité/prix remarquable. 16/20 CHÂTEAU LES JUSTICES Dégusté au château car n’étant pas classé. Comme toujours, le vin est très franc, impeccablement équilibré (avec en particulier un taux d’alcool élevé qui lui sera fort utile pour son usage en gastronomie) et d’une franchise de fruit exemplaire. Il ne lui manque qu’un peu de raffinement dans les sensations tactiles pour égaler les dix meilleurs ! 16/20 CHÂTEAU DE RAYNE VIGNEAU Échantillon très pâle et très protégé par le SO2, semble moins rôti et moins complexe que ses pairs, il faudra le revoir en fin d’élevage. 15/20 CHÂTEAU BASTOR-LAMONTAGNE Prise de bois un peu forte, beaux arômes citronnés, fin riche, mais pas aussi rôti que d’autres, plus pur que Romer et ses voisins, plus précis aussi dans sa liqueur, très bien fait mais un cran en dessous des vins les plus complets du millésime. 15/20 CHÂTEAU LAMOTHE GUIGNARD Prise de bois un peu lourde, vin équilibré et sain, moins rôti que d’autres, mais savoureux et bien fait. 14,5/20 CHÂTEAU BROUSTET Vin net, d’une richesse de constitution évidente, arômes puissants mais un peu simples d’ananas confit, vigoureux en bouche, devrait très bien vieillir mais dans un style moins racé que certains de ses pairs. 14/20 CHÂTEAU ROMER DU HAYOT Forte prise de bois, vin riche mais encore un peu fruste dans ses arômes et sa finale, il devrait néanmoins s’affiner au cours de l’élevage. En tout cas, il est vraiment marqué par une bonne pourriture noble. 14/20 CHÂTEAU ROMER Arômes citronnés, vin nerveux, moins rôti que ses voisins mais équilibré, net, et certainement de garde. 14/20 n°48 avril 2008 S P É C I A L P R I M E U R S 2 0 0 7 13 14 S P É C I A L P R I M E U R S 2 0 0 7 CHÂTEAU LAMOTHE Note lactée au nez, pour le moment aucune trace de vieux “carton” au nez comme parfois ce cru en montre après la mise en bouteille, moins “rôti” que son voisin Arche, plus simple, mais franc et agréable. 14/20 CHÂTEAU FILHOT Comme souvent en primeur, l’échantillon est loin d’être aussi affiné que d’autres, on devine une petite note saline et iodée propre au cru, mais la prise de bois est raide et l’ensemble part dans tous les sens, y compris celui de notes champignonnées que je n’aime pas du tout ! Pour le reste, la carrure du millésime est présente ! 13/20 CHÂTEAU SUAU Aucun défaut particulier : le nez et le corps sont francs, mais le vin manque de rôti et d’envolée pour un cru classé. 13/20 Les vins blancs sont de haut niveau, avec un charme et une diversité aromatique précoce comme on en n’a que très rarement connus. Les vins rouges sont parmi les plus équilibrés du millésime, avec en particulier des merlots supérieurs en finesse et en souplesse de tannin que sur la rive droite et des cabernets un peu moins corsés que dans le Médoc, mais tout aussi mûrs. Comme toujours, leur discrétion en primeur les desservira certainement auprès des dégustateurs amateurs de spectaculaire. Les vins devraient commencer à atteindre leur apogée dans sept ou huit ans. PESSAC-LÉOGNAN ROUGES CHÂTEAU HAUT-BRION Grande couleur, texture serrée et ultra racée où l’on sent immédiatement une plus grande proportion de cabernets que dans les précédents millésimes, tannin épicé de grande classe, grand avenir. Il ne prend toute sa dimension qu’après un bon quart d’heure d’aération dans le verre ! 18,5/20 CHÂTEAU LA MISSION HAUT-BRION Séduit plus immédiatement que Haut-Brion par son étonnante palette aromatique, qui unit entre eux tous les petits fruits rouges et la perfection de sa texture et de son tannin. Vin de grand style qui rivalisera toute sa vie avec son voisin immédiat, comme dans le bon vieux temps ! 18,5/20 n°48 avril 2008 S P É C I A L P R I M E U R S 2 0 0 7 15 RÉGION DES GRAVES 16 S P É C I A L P R I M E U R S 2 0 0 7 CHÂTEAU PAPE CLÉMENT Nez très ample et défini à ce stade de petits fruits rouges, corps élancé, tannin très fin et racé, avec ce qu’il faut d’austérité provisoire et noble pour un grand vin de Bordeaux. Aucun éclat superficiel. 17,5-18/20 CHÂTEAU HAUT-BAILLY Beau nez de myrtille, matière complète pour le millésime, tannin ferme mais bien enrobé par la texture, sensation évidente de grande origine et d’harmonie, un vin fidèle à son style habituel qui ne fera que s’amplifier au vieillissement. 17,5-18/20 DOMAINE DE CHEVALIER Nez légèrement sur la réduction, magnifique élégance de corps et de texture, tannin subtil et raffiné, vin de grande classe et d’un classicisme irréprochable de facture. 17,5-18/20 CLARENCE DE HAUT-BRION Ce nom remplace désormais celui de Bahans pour qualifier le second vin de Haut-Brion, qui n’a rien (sur la foi de cet échantillon) d’un second vin mais fait admirer un corps complet et un tannin ultra racé. 17/20 LA CHAPELLE DE LA MISSION HAUT-BRION Très belle suavité de texture, tannin parfaitement extrait, fruité remarquable, sans doute le meilleur Chapelle de l’histoire récente ! 16,5/20 CHÂTEAU CARBONNIEUX Nez très typé Léognan avec ses subtils dégradés épicés, matière ample et généreuse, bonne maturité du raisin, tannin racé et bien dans la continuité du corps, confirme les progrès du cru qui rejoint peu à peu les vedettes de l’appellation ! 16,5/20 CHÂTEAU SMITH HAUT LAFITTE Prise de bois marquée, mais qui ne masque en rien un fruité généreux et noble de petits fruits rouges, belle ampleur de constitution, tannin ferme mais fin, léger manque de rétroolfaction à ce stade. 16,5/20 CHÂTEAU MALARTIC-LAGRAVIÈRE Nez ouvert et diversifié, associant les notes de baies rouges et les épices, corps élancé et sans lourdeur, texture manquant peut-être de velouté par rapport à quelques pairs, vin stylé et net, moins éclatant sur cet échantillon que d’autres. 16,5/20 CHÂTEAU LATOUR-MARTILLAC Nez classique de “Graves”, épicé et très légèrement fumé, vin bien équilibré, fruité subtil, tannin fin, longueur appréciable. Un vin destiné aux amateurs confirmés. 16,5/20 CHÂTEAU DE FRANCE Un des meilleurs échantillons en vin jeune jamais dégustés pour ce château, prise de bois fort élégante, chair pleine, tannin de raisin mûr, sensation globale harmonieuse et racée. Il faudra que le vin confirme ce beau départ en bouteille ! 16,5/20 n°48 avril 2008 S P É C I A L P R I M E U R S 2 0 0 7 17 18 S P É C I A L P R I M E U R S 2 0 0 7 CHÂTEAU OLIVIER Pas trop de bois au nez, notes pures de petits fruits rouges, corps élégant, tannin délicat, encore fort jeune et peu évolué dans son élevage, style très agréable, sans lourdeur ni violence. 15,5-16/20 CHÂTEAU HAUT-BERGEY Plus de chair et de maturité de raisin que La Louvière, plus de tension également en bouche, vin bien équilibré et parfaitement typé Léognan, tannin précis. 15,5-16/20 CHÂTEAU DE FIEUZAL Beau nez de fruits rouges et de vanille, texture extrêmement crémeuse voire opulente contrastant avec une fin de bouche un peu rétrécie, plus avancé en élevage que ses pairs, charmeur mais pas complet. 15,5/20 CHÂTEAU LA LOUVIÈRE Fruité clair et un rien acidulé, vin souple en entrée de bouche, moins corsé et tendu que d’habitude, vinosité moyenne et tannin un peu “vert”. 15/20 CHÂTEAU LARRIVET-HAUT-BRION Notes de fraise et de vanille au nez, vin tendre, pas très corsé, facile, pas encore aussi avancé en élevage que d’autres. 14,5/20 CHÂTEAU BROWN L’extraction a été réalisée au juste niveau. Brown montre son charme à travers une structure aérienne en bouche. 14-14,5/20 CHÂTEAU FERRANDE Prise de bois une peu excessive et note légère de mercaptan au nez, joli fruit, vin tendre et facile montrant un effort qualitatif auquel nous n’étions pas habitués, mais le résultat est encore bien inférieur à ce que l’on est en droit d’attendre d’un membre de l’Union des grands crus. 13,5/20 CHÂTEAU RAHOUL Nez discret avec une toute petite touche de suie, souple et tendre en bouche, sans aucune dilution, tannin fin, mais beaucoup moins de complexité et de réserve pour le vieillissement que les autres vins de l’Union. 13/20 CHÂTEAU PICQUE CAILLOU Forte prise de bois, saveur épicée mais asséchée par un tannin pointu de raisin pas aussi complet qu’on ne le souhaite pour un cru de l’Union, fin de bouche trop simple. 13/20 CHÂTEAU LES CARMES HAUT-BRION Le vin n’est pas au même stade d’évolution que les autres et se ressent encore de sa fermentation malolactique, ce qui le dessert aujourd’hui. Il faudra le revoir dans quelques mois, mais il semble très bien constitué. Non notable CHÂTEAU BOUSCAUT Échantillon marqué par un trop fort mercaptan pour permettre un jugement précis. Non notable n°48 avril 2008 S P É C I A L P R I M E U R S 2 0 0 7 19 20 S P É C I A L P R I M E U R S 2 0 0 7 PESSAC-LÉOGNAN BLANCS CHÂTEAU HAUT-BRION Fruité exquis, grande générosité de corps et de texture, fraîcheur assurée, complexité étonnante en finale, plus d’avenir sans doute que Carbonnieux mais moins de pureté immédiate, dans la mesure où le boisé est encore apparent. 18,5/20 CHÂTEAU CARBONNIEUX Ce jour-là et à l’aveugle, notre favori en raison de son merveilleux potentiel aromatique, servi par une vinification d’une précision exemplaire. Cette bombe aromatique possède aussi une grande intégrité dans l’expression de son terroir, sans doute le plus racé du secteur, et fait admirer sa pureté cristalline. Le vin est également un peu plus avancé dans son développement aromatique que Chevalier (dans un style comparable) ou Smith, dans un type de vin de plus haute maturité de raisin. 18-18,5/20 CHÂTEAU LAVILLE HAUT-BRION Admirablement typé Laville au nez en raison de ses notes de miel de fleur de grand sémillon, puissant, serré, encore très jeune dans son développement au nez et en bouche, grande matière, un rien plus protégée en primeur que par le passé, ce qui se justifiera certainement après quelques années en bouteille par la préservation de ce remarquable potentiel. 18/20 DOMAINE DE CHEVALIER Un peu réduit au départ mais donnant à l’air des arômes d’une merveilleuse complexité, corps très strict, dense, acidité parfaitement équilibrée au corps et au niveau d’alcool, sensation de pureté et d’élégance le classant à part, et surtout finale plus complexe et précise que la plupart de ses pairs, vraiment irradiante comme diraient nos amis italiens. Encore une fois une référence ! 17,5-18/20 CHÂTEAU SMITH HAUT LAFITTE Nez très puissant avec les habituelles notes musquées, haute maturité du raisin, texture très voluptueuse, grande longueur, vin de grande expression, mais qui déplaira aux amateurs de de Bordeaux blancs nerveux. 17,5/20 CHÂTEAU PAPE CLÉMENT Superbes arômes fermentaires classiques de miel et de fruits blancs, boisé intelligent à la fois bien marqué mais sans assécher ni la texture ni la saveur, beaucoup de nuances et de panache en fin de bouche, dans un style capable de plaire au plus grand nombre. 17,5/20 CHÂTEAU MALARTIC-LAGRAVIÈRE Bel arôme d’abricot avec des notes de melon propres, semble-t-il, au millésime, vin nerveux et tendu, dense en milieu de bouche, finale fraîche et élégante, un rien moins harmonieux que les deux meilleurs, du moins ce jour-là ! 17/20 CHÂTEAU DE FRANCE Arômes d’une grande pureté et d’une finesse remarquable, allant même à rappeler la rhubarbe et les fruits de la passion, très adroitement vinifié, d’un niveau parfaitement comparable aux meilleurs crus classés ! 17/20 n°48 avril 2008 S P É C I A L P R I M E U R S 2 0 0 7 21 22 S P É C I A L P R I M E U R S 2 0 0 7 CHÂTEAU LATOUR-MARTILLAC Plus brillant ce jour-là par son intensité de corps et sa densité de constitution que par ses arômes qui restent encore réservés. Très beau vin de facture classique qui plaira fortement aux amateurs avertis. 16,5/20 CHÂTEAU FIEUZAL Vin sérieux et marqué par des notes salines originales, évoluant vers les arômes de pinède qu’on retrouve souvent dans le secteur, strict, classique mais sans personnalité marquée. 16,5/20 CHÂTEAU OLIVIER Un peu réduit au nez car protégé par le SO2, constitution et saveur ultra classiques, finale plus complexe que l’entrée de bouche, bel avenir probable. 16,5/20 CHÂTEAU LARRIVET-HAUT-BRION Vin très gras, grande maturité du raisin, ira sur le miel de fleurs mais avec un certain panache, léger manque de pureté et de transparence. 16,5/20 CHÂTEAU HAUT-BERGEY Notes très classiques de cédrat, avec une petite touche musquée (peut-être due au sauvignon gris ?), vin frais, tendu, épicé, très typé Léognan. 16,5/20 CHÂTEAU RAHOUL Beaucoup de naturel dans les arômes de citron et de miel de fleurs, marqué par des sémillons fins et un peu détonnants dans l’univers des sauvignons de la plupart de ces vins, mais avec une finale florale (primevère) des plus plaisantes. Excellente vinification. 16/20 CHÂTEAU PIQUE CAILLOU Bien plus réussi que le rouge, arômes primaires très nets et élégants de buis et de fruits blancs et jaunes, vin nerveux, droit, rafraîchissant, assez long, très typé 2007. 16/20 CHÂTEAU LA GARDE Les blancs de Pessac-Léognan ont bien réussi ce millésime. La Garde montre de jolis arômes de fruits frais et une acidité tenue. L’ensemble est harmonieux. 15,5/20 CHÂTEAU LA LOUVIÈRE Nez fort agréable, appétant, aux notes fraîches de citron, mais, en bouche, on sent par rapport aux autres un manque évident de maturité du raisin. Le choix de donner autant de nervosité en bouche se justifiera peut-être au vieillissement, car avec ce cru et ce vinificateur, on ne peut jurer de rien ! 15/20 CHÂTEAU BOUSCAUT Encore un échantillon bien plus jeune et plus réduit que d’autres, ayant encore conservé le souvenir de sa phase fermentaire, large en bouche, mais pas encore vraiment formé et trop sous l’emprise du bois. Il faudra le regoûter avant mise ! 15/20 CHÂTEAU FERRANDE Robe claire, nez de bergamote, vin très aromatique mais manquant un peu de profondeur et de complexité. Mais c’est mieux que d’habitude ! 14/20 n°48 avril 2008 S P É C I A L P R I M E U R S 2 0 0 7 23 24 S P É C I A L P R I M E U R S 2 0 0 7 GRAVES ROUGES CLOS FLORIDÈNE Étonnant par rapport à ses pairs, Floridène rouge semble porté par un nuage. Aérien dans sa structure, la finale longue et précise poursuit cette sensation de taffetas. 15,5-16/20 CHÂTEAU CHANTEGRIVE Boisé fin et complexe, bien plus charnu et généreux que Ferrande, tannin de raisin mûr, vin harmonieux et stylé, qui plaira aux amateurs de bordeaux fins. 15/20 CHÂTEAU RESPIDE-MÉDEVILLE Ce vin respecte le millésime en jouant sur la souplesse et la fraîcheur des tannins sans extraction abusive. Il sera accessible rapidement. 14,5/20 CHÂTEAU CRABITEY Belle structure élégante, droit et profond, tanin pas totalement fin mais assez précis, longueur et fruit. 15,5/20 GRAVES BLANC CHÂTEAU CHANTEGRIVE Arômes complexes de pêche blanche, melon et abricot, un peu à la façon d’un beau riesling, corps élégant, saveur pure, fraîche, ne manquant que de la complexité finale des tout meilleurs. 16,5/20 MÉDOC CHÂTEAU LOUDENNE Loudenne réalise en 2007 un vin réussi, à boire assez vite. Long et gourmand, c’est un charmeur. 15/20 CHÂTEAU POTENSAC Parfaitement campé sur ses cabernets, Potensac est épicé, gourmand, tendu. Il faudrait l’attendre un peu. 15/20 CHÂTEAU ROLLAN DE BY Net sur le plan aromatique, profond et minéral, c’est une belle réussite à boire ou à attendre. Château Haut-Condissas promet également. 15/20 GOULÉE Goulée est un médoc réalisé par l’équipe de Cos d’Estournel. C’est une parfaite expression de ce que l’on pouvait faire de bien dans le secteur en 2007. Il est svelte et dense à la fois, avec une extraction précise. 15/20 CHÂTEAU LA TOUR DE BY Bel enrobé. Malgré une pointe d’astringence, sa finesse de texture et son style charmeur en feront un bon vin de restauration dans le style bordelais classique. 14-14,5/20 CHÂTEAU BLAIGNAN Bien posé entre le minéral et le fruité, Blaignan est un médoc charmeur et long. 14/20 n°48 avril 2008 S P É C I A L P R I M E U R S 2 0 0 7 25 MÉDOC 26 S P É C I A L P R I M E U R S 2 0 0 7 HAUT-MÉDOC Belle réussite d’ensemble des crus classés, nettement au-dessus de la moyenne de l’appellation, avec des vins sérieusement constitués et faits pour bien vieillir. Ils se rapprochent de plus en plus du niveau des Saint-Julien. CHÂTEAU DE GIRONVILLE Structuré, gras, assez complet, bon vin généreux et mûr. 15/20 CHÂTEAU BELGRAVE Sans doute le plus réussi dès sa naissance des Belgrave récents : nez très racé de cèdre, digne d’un beau saint-julien, belle ampleur de constitution, tannin noble, remarquable complémentarité entre la puissance et la fraîcheur. Rapport qualité/prix probablement exceptionnel. 16,5-17/20 CHÂTEAU LA TOUR CARNET Superbe prise de bois, grande netteté aromatique, saveur noble de myrtille et de cèdre, corps plein, forme tendue, dense, ultra typé 2007, tannin racé. Le cru poursuit sa progression et semble formellement et techniquement parmi les plus réussis du Médoc. 16,5-17/20 CHÂTEAU LA LAGUNE Vin bien construit, chaleureux et très savoureux, issu de raisins bien mûrs, tannin un peu moins complexe que le vin qui le précédait dans la dégustation à l’aveugle et qui était… Croizet- Bages. La prise de bois n’est pas aussi spectaculairement réussie que celle de La Tour Carnet ou Belgrave. 16-16,5/20 CHÂTEAU CAMENSAC Nez épicé très classique, pas aussi complet dans sa constitution que Belgrave, tannin fin, vin très équilibré à qui il ne manque qu’un peu de chair dans la texture pour atteindre le premier rang. 15,5-16/20 CHÂTEAU CANTEMERLE Léger arôme animal (vin à surveiller pendant son élevage en barrique), corps tout à fait satisfaisant, texture assez suave, propre au cru, avec un retour plus accrocheur que prévu du tannin. C’est sa pureté aromatique qu’il faudra préserver. 15-15,5/20 CHÂTEAU LOUSTEAUNEUF Robe violacée, nez profond de fruits noirs sur fond d’épices, entrée de bouche juteuse, attaque en rondeur, puis les tannins se font caressants, le fruit revient derrière, que du plaisir ! 15-15,5/20 CHÂTEAU MALESCASSE L’extraction juste, les tannins fins et la qualité du jus et des fruits font de ce château de Lamarque une réussite dans le millésime. L’un des meilleurs millésimes de la propriété, si ce n’est le meilleur. 15-15,5/20 CHÂTEAU CARONNE SAINTE GEMME Pour l’instant sur la réserve aromatique, ce vin offre une belle structure, avec un côté tendu et des tannins frais, bel équilibre et excellent rapport qualité/prix prévisible. 15/20 CHÂTEAU CLÉMENT-PICHON Sa texture raffinée et longue en bouche avec une pointe de salinité en fait un vin racé qui ne manque pas de fond. 15/20 n°48 avril 2008 S P É C I A L P R I M E U R S 2 0 0 7 27 28 S P É C I A L P R I M E U R S 2 0 0 7 CHÂTEAU D’AGASSAC Il montre des tannins soyeux, dans un style simple mais charmeur, agréablement fruité avec une finale de violette. 15/20 CHÂTEAU PEYRAT-FOURTHON Tenu par une grande matière, ce cru développe au nez des arômes floraux. Le style est dense et intensément fruité. 15/20 CHÂTEAU PREUILLAC Preuillac continue sa progression. Malgré la prise de bois, il montre des tannins fins, légèrement salins. Long, c’est un vin qui a du fond. 15/20 CHÂTEAU BELLE-VUE Vanillé au nez, de jolis tannins fins lui donnent sa texture suave. On pourra le boire vite. 14,5-15/20 CHÂTEAU GREYSAC Greysac se remarque par son ampleur en bouche, avec un tannin caressant mais puissant, il ira loin. 14,5-15/20 CHÂTEAU LAMOTHE BERGERON L’attaque souple et suave se poursuit par une profondeur réelle dans la dimension du tannin. C’est une belle réussite dans le millésime. 14,5-15/20 CHÂTEAU DU TAILLAN Élancé, avec du fond et du fruit, le joli jus raffiné de ce rouge est suave et long. 14-15/20 CHÂTEAU CAMBON LA PELOUSE Cambon est assez concentré, bâti pour la garde avec une structure marquée. On peut le rechercher également pour son fruit gourmand. 14-14,5/20 CHÂTEAU CHARMAIL Puissant, dense, avec une astringence marquée, le vin est long, très fruits noirs. 14-14,5/20 CHÂTEAU LABAT Des rondeurs avec une belle densité, les tannins sont joliment enrobés, vin de texture, l’une des bonnes surprises du millésime. 14/20 CHÂTEAU BEAUMONT Rond, Beaumont est d’une profondeur moyenne, mais son élégance lui confère le charme discret du bourgeois bordelais, si ce classement perdure… 14/20 CHÂTEAU GRIVIÈRE Tendu et minéral, profond, voici une bonne réussite parmi les vins de ce secteur grâce à des tannins fins et ronds. 14/20 CHÂTEAU LAMOTHE-CISSAC C’est un bon représentant du secteur de Cissac dans ce millésime. Sa longueur et son fruité rouge lui donnent une réelle harmonie de constitution. 14/20 CHÂTEAU DU MOULIN ROUGE Ce cru de Cussac est dense, plein et rond. Son charnu lui donne du charme et il ne manque pas de longueur. 14/20 n°48 avril 2008 S P É C I A L P R I M E U R S 2 0 0 7 29 30 S P É C I A L P R I M E U R S 2 0 0 7 CHÂTEAU DE MALLERET Cette propriété dotée d’un splendide château propose un 2007 fin et long en bouche au tannin aérien. Une note végétale perturbe légèrement l’harmonie actuelle. 13,5-14/20 CHÂTEAU REYSSON Puissant, crémeux, encore austère pour l’instant, avec de la mâche, Reysson a besoin d’un peu de garde pour arrondir son tannin. 13,5-14/20 MOULIS CHÂTEAU BRANAS GRAND POUJEAUX Les vins de Moulis se goûtaient mal en primeur cette année. Il faudra revenir vers eux dans quelques mois. Branas fait partie des crus les mieux réussis du secteur avec de la fraîcheur et de beaux fruits noirs. Le vin a été goûté au château, ce qui a permis de vérifier à quel point le 2005 est excellent ici. 15/20 CHÂTEAU CHASSE-SPLEEN L’échantillon de l’Union des grands crus se goûtait mal, un autre plus avenant montrait des tannins délicats et même assez fins. La note est une moyenne des deux dégustations. 14,5-15/20 LISTRAC CHÂTEAU FONRÉAUD Un premier échantillon dégusté au château se goûtait mal ! Un second se présentait nettement mieux en montrant une juste extraction cette année, un fruité élégant et d’agréables notes florales de violette. 15/20 CHÂTEAU FOURCAS DUPRÉ Ce Fourcas a extrait des tannins plus fins que son voisin. Il est assez souple raffiné, dans un ensemble aromatique très fruits noirs. 15/20 CHÂTEAU CLARKE L’échantillon est serré par le bois qui sèche les tannins, mais un fruité agréable et une dynamique sont perceptibles. Ils devraient progressivement transparaître. 14,5-15/20 n°48 avril 2008 S P É C I A L P R I M E U R S 2 0 0 7 31 32 S P É C I A L P R I M E U R S 2 0 0 7 MARGAUX L’appellation confirme les progrès de fond de nombreux crus classés qui ont fait à la vigne et au cuvier les efforts nécessaires pour rivaliser avec leurs meilleurs pairs des autres villages du Médoc. Le millésime semble avoir été un peu plus difficile à sélectionner qu’à Pauillac, avec des merlots manquant parfois de consistance et des cabernets plus linéaires, mais dans l’ensemble, le résultat est plus qu’honorable, dominé néanmoins et de loin par Château Margaux et Château Palmer. CHÂTEAU MARGAUX Dégusté au château. Il a fallu au château ne retenir qu’un petit tiers de la récolte pour obtenir un premier vin aussi accompli ! Le merlot, une fois encore, n’entre que pour 10 % dans l’assemblage, et le cabernet-sauvignon marque le bouquet et la texture par sa prodigieuse finesse et la tension de son tannin. L’ensemble est très pur, très racé, avec une finale mentholée merveilleuse de fraîcheur et d’éclat. On est au même niveau qu’en 2004 et sans doute plus haut qu’en 2006. 18,5-19/20 CHÂTEAU PALMER Dégusté au château. Vin harmonieux : arômes de fruits noirs précis et savoureux, texture merveilleusement onctueuse, tannin extrait avec une précision diabolique, grande longueur. 18/20 PAVILLON ROUGE DE CHÂTEAU MARGAUX Un vin d’une magnifique expression aromatique et d’une texture remarquable, qui a bénéficié de très beaux merlots du grand terroir non retenus pour le premier vin. Il donne le ton à toute l’appellation. 17,5-18/20 CHÂTEAU PRIEURÉ-LICHINE Splendide vinification et sélection : le cru n’a jamais montré à la naissance un corps et un tannin aussi accomplis, avec toute la finesse aromatique d’un grand margaux. Stéphane Derenoncourt et l’équipe technique du château ont été en empathie avec le raisin de l’année ! 17-17,5/20 CHÂTEAU LASCOMBES Bel arôme de cèdre, splendide texture crémeuse, aucune vulgarité cette année dans la prise de bois, tannin remarquablement soyeux et complexe, du superbe travail qui classe enfin le cru parmi les meilleurs seconds. 17-17,5/20 CHÂTEAU KIRWAN Vin complexe et racé, très bien vinifié, prise de bois moins exotique que par le passé, pas très corpulent (mais on n’attend pas d’un margaux d’avoir le corps d’un pauillac), mais très élégant. Le changement de style du cru s’affirme… 16,5-17/20 CHÂTEAU RAUZAN-SÉGLA Beaucoup de finesse et de fraîcheur au nez, tannin racé, corps équilibré mais moins accompli que celui des meilleurs crus de Saint- Julien ou Pauillac. Il brillera par d’autres qualités. 16,5-17/20 CHÂTEAU FERRIÈRE L’échantillon se déguste très bien : le vin est complet, harmonieux et long en bouche, avec une persistance de tannins au goût de cèdre très racé. Un beau 2007. 16,5-17/20 n°48 avril 2008 S P É C I A L P R I M E U R S 2 0 0 7 33 34 S P É C I A L P R I M E U R S 2 0 0 7 CHÂTEAU GISCOURS Bien marqué au nez par la barrique, arômes de cèdre puissants et déterminés, vin viril, très “construit”, tannin pour le moment un rien trop sec, plus Médoc que Margaux, cette année. 16-16,5/20 CHÂTEAU BRANE-CANTENAC Bel arôme de fruits frais et mûrs, texture élégante, finale plus prometteuse que le milieu de bouche, grâce à des tannins racés : il ne lui a manqué qu’un peu de chair. 16-16,5/20 CHÂTEAU MONBRISON Un margaux de très beau style, tout en finesse et en délicatesse, marqué par un tannin d’une douceur qui ne parlera qu’aux amateurs de vins élégants. Il ne lui manque que le corps des très grands millésimes. 16-16,5/20 CHÂTEAU RAUZAN-GASSIES Belles notes de cèdre au nez : ici encore, la nouvelle génération continue d’affiner la vinification de ce cru et de se rapprocher de ce que l’on doit attendre d’un terroir de cette classe. Mais il y avait encore plus de nuances aromatiques et de raffinement dans la texture dans quelques autres crus ! 16-16,5/20 ALTER EGO DE CHÂTEAU PALMER Un pur délice sur le plan aromatique et une texture de soie, sans rivale : mais il faudra le boire relativement vite (dans les dix ans), pour savourer son charme. 16-16,5/20 CHÂTEAU BOYD-CANTENAC Robe de couleur pourpre foncée. Nez puissant et complexe, possédant un bel équilibre entre le fruit et le boisé. La bouche est volumineuse, fraîche et très enveloppante. Beaux tannins, fins. 16-16,5/20 CHÂTEAU DU TERTRE Nez original et aisément reconnaissable de poivron rouge, donné par le cabernet franc, vin frais, élégant, friand même, très naturel, mais le poivrion (qui n’a rien ici de végétal) dérangera quelques dégustateurs… 16/20 CHÂTEAU DAUZAC Nez épicé et précis, plus de corps que la moyenne, texture ferme, tannin très franc, un vin très bien fait, comme d’habitude, et qui devrait considérablement s’affiner dans du bon bois. 16/20 CHÂTEAU LES EYRINS Délicieusement floral avec des accents de pivoine et de rose, ce vin conjugue concentration, élégance, fraîcheur et pureté. 16/20 CHÂTEAU D’ISSAN Robe de couleur pourpre foncée. Nez fin et complexe. La bouche est ample, fine et droite, nette, d’une belle longueur, se terminant sur des tannins fins. Notes toastées en finale. 16/20 CHÂTEAU DURFORT-VIVENS Vin dense mais austère à ce stade, avec une prise de bois qui lui donne une raideur inhabituelle, certainement très bien constitué. Il faudra le “nourrir” pendant l’élevage pour lui donner plus de chair. 15,5-16/20 n°48 avril 2008 S P É C I A L P R I M E U R S 2 0 0 7 35 36 S P É C I A L P R I M E U R S 2 0 0 7 CHÂTEAU PAVEIL DE LUZE Soyeux dans sa texture, voluptueux en finale, ce Margaux méconnu réussit une nouvelle fois son millésime avec éclat. 15,5-16/20 CHÂTEAU CANTENAC BROWN Il part dans la vie sain, équilibré, un peu timide, avec quelques notes de poivron mûr et un milieu de bouche plutôt serré qui permet d’espérer un élevage “montant” et un vin plus accompli dans un an. 15,5/20 CHÂTEAU POUGET Robe de couleur pourpre foncée. Nez expressif de fruits noirs. Bouche volumineuse, ample et souple. Grande longueur. Tannins fins. 15,5/20 CHÂTEAU SIRAN Fort arôme de cèdre, corps bien plus puissant que celui de la moyenne des margaux, mais fin de bouche un peu trop monolithique, limitée à un tannin très épicé mais sans raffinement particulier. 15/20 CHÂTEAU LABÉGORCE Rond, charmeur, avec une allonge agréable, Labégorce est bien réussi dans un style simple sans extraction intempestive. Il semble pour le moment légèrement plus accompli que son voisin et camarade d’écurie Zédé. 15/20 CHÂTEAU DESMIRAIL Comme souvent, l’échantillon est un peu faible en corps et flou, mais l’expérience montre qu’en bouteille, Desmirail se présente beaucoup mieux qu’en primeur et brille par une finesse aromatique rare dans le secteur, bien qu’elle ait fait la réputation de l’appellation. Attendons deux ans pour mieux juger le vin. 14,5-15/20 CHÂTEAU MARQUIS D’ALESME Robe très foncée. Nez fermé. La bouche a du volume, de la souplesse, un joli fruit, jolis tannins en finale. 14,5-15/20 CHÂTEAU MONGRAVEY Charmeur mais structuré, profond et long, Mongravey montre une finale bien formée. 14-14,5/20 CHÂTEAU LABÉGORCE ZÉDÉ Robe foncée. Nez un peu fermé. La bouche est fine, souple, peu imposante, vin assez droit dans son ensemble. 14/20 CHÂTEAU MARQUIS DE TERME L’échantillon se dégustait mal, avec un arôme puissant et étrange de caoutchouc brûlé sans doute donné par des merlots excessifs. Le résultat final dépendra de la manière dont l’oxygénation au travers des fûts adoucira la chose ! Non notable n°48 avril 2008 S P É C I A L P R I M E U R S 2 0 0 7 37 38 S P É C I A L P R I M E U R S 2 0 0 7 SAINT-JULIEN Très haute réussite d’ensemble, les vins sont fortement marqués par les cabernets sauvignons de haute teneur en alcool (12,5° souvent) et très riches en tannins, parmi les plus riches même de ces derniers millésimes (IPT, indices de polyphénols largement supérieurs à 60 et parfois à 70 !). Leur netteté et leur fraîcheur contrastent avec le style plus opulent et presque méditerranéen qu’ils conféraient au 2005. On peut penser que leur potentiel de vieillissement et que leur complexité à moyen et long terme seront supérieurs aux millésimes 2006 et 2004. CHÂTEAU LÉOVILLE-LAS CASES Dégusté au château. Un des sommets du millésime associant puissance et finesse au plus haut niveau, la finesse grâce en particulier à ses 10 % de cabernets francs étonnants cette année de raffinement aromatique. Les cabernet-sauvignon remarquables lui apportent leur équilibre supérieur. L’ensemble s’annonce un rien moins capiteux, mais bien plus fin et plus dans l’esprit “saintjulien” que le très “pauillac” 2006. 18,5-19/20 CHÂTEAU DUCRU-BEAUCAILLOU Dégusté au château. Grand arôme classique de cèdre, corps complet, tannin ferme et complexe, consistance crémeuse des plus grands médocs du millésime, avec une suite en bouche digne de cette texture. 18-18,5/20 CHÂTEAU LÉOVILLE BARTON Grand nez de cèdre, dû à une prise de bois plus marquée que celle de Langoa, corps complet, tannin noble, grande réussite liée à la plénitude précoce de texture spéciale de ce cru, qui se présente toujours à son mieux dès le printemps de sa première année d’élevage. 18/20 CHÂTEAU BEYCHEVELLE Grande race aromatique avec des notes de cèdre d’une précision et d’un raffinement remarquables, corps plein et svelte, impression générale de très grande finesse et distinction. On retrouve avec plaisir le meilleur type de vin de ce château, parfaitement comparable à des millésimes célèbres comme 1953 ou 1959 ! 18/20 CHÂTEAU LANGOA BARTON Nez charmeur et diversifié faisant se succéder des notes de cerise et de baies de fruits rouges, prise de bois élégante, tannin noble, vin séduisant, impeccablement typé Saint-Julien. 17/20 CLOS DU MARQUIS Dégusté au château. Impeccable équilibre entre puissance et finesse, tannin ultra classique du coeur du Médoc, prise de bois très intelligente. Un modèle, encore une fois, de second vin, si l’on peut appeler ainsi le vin issu intégralement de plus de la moitié du terroir de Léoville-Las Cases. 17/20 CHÂTEAU BRANAIRE Un des mieux constitués de l’histoire récente du château, beaucoup de finesse et de délicatesse dans la texture, dans un corps plein, plus harmonieux et plus entier à la naissance que celui du 2006. 16,5-17/20 CHÂTEAU LÉOVILLE POYFERRÉ Comme toujours, le vin se montre plus jeune et moins formé à ce stade que Barton, plus souple et plus fluide, malgré la noblesse de son tannin, car les vins de presse ne jouent pas encore pleinement leur rôle. Il se goûtera certainement plus riche et plus consistant dans six ou sept mois. On comprend donc la difficulté de notre travail de notation de vins aussi jeunes. 16-17/20 n°48 avril 2008 S P É C I A L P R I M E U R S 2 0 0 7 39 40 S P É C I A L P R I M E U R S 2 0 0 7 CHÂTEAU LAGRANGE Arôme complexe de cèdre, petite note de cuir de merlots un peu sauvages, texture charnue et agréable, tannin net et ferme, un peu moins de finesse pure que d’autres. 16-16,5/20 CHÂTEAU SAINT-PIERRE Un échantillon un peu réduit à l’Union des grands crus, un autre plus net, plus précis au château, remarquable par la plénitude de son corps et la fermeté de son tannin, mais avec moins de diversité et de finesse aromatique que les tout meilleurs. 16-16,5/20 LA CROIX DE BEAUCAILLOU Dégusté au château. Excellent saint-julien de facture et de style irréprochables issu, comme le Clos du Marquis, davantage d’une division du terroir de Ducru-Beaucaillou que de cuves “déclassées”. On mesure le supplément de définition apporté par les vignes de Terrey-Gros-Cailloux et qui placent cette cuvée au niveau d’un premier vin de cru classé. 16/20 CHÂTEAU LALANDE-BORIE Le compagnon d’écurie de Ducru-Beaucaillou a été réalisé en finesse. Pas trop extrait, ce sera un vin facile, gras, parfaitement gourmand dès ses plus jeunes années. 14,5/20 CHÂTEAU MOULIN DE LA ROSE Gras, charnu, le tannin de ce cru enchâssé entre les crus classés de Saint-Julien est rond, fin et gourmand. 14,5-15/20 CHÂTEAU TALBOT Nez réduit avec une nuance de gomme brûlée, qu’on retrouve souvent dans ce millésime et imputable probablement à certaines cuves de merlots, dense en milieu de bouche, avec des tannins solides mais pour le moment peu de sourire ! 15,5/20 CHÂTEAU GLORIA Dégusté au château. Beau nez de fruits rouges, vin très bien constitué, classique de l’appellation, texture plus enveloppante que celle du 2006, il ne manque au tannin que la définition supérieure des très grands millésimes naturels. 15,5/20 CHÂTEAU GRUAUD LAROSE L’échantillon de l’Union des grands crus présentait de fortes notes animales au nez et ne permettait pas de juger convenablement à ce stade de la réussite du cru. La seule chose qui soit sûre, c’est qu’il a été produit à partir de raisins parfaitement mûrs. Non notable n°48 avril 2008 S P É C I A L P R I M E U R S 2 0 0 7 41 42 S P É C I A L P R I M E U R S 2 0 0 7 PAUILLAC Réussite globale sans doute la plus remarquable du millésime : tous les crus classés dégustés brillaient par leur netteté de définition aromatique et la plénitude de leur constitution. Les terroirs s’expriment de façon transparente et révèlent les habituelles notes classiques de cèdre et de tabac havane avec plus de classicisme que dans les millésimes précédents. Sur les terroirs de la commune, les merlots ont atteint leur maximum de qualité en Médoc et même les premiers crus ont su les associer dans leur grand vin en quantité non négligeable pour adoucir les angles de cabernets sauvignons très puissants. Il n’a pas été possible de déguster Château Pédesclaux. CHÂTEAU MOUTON ROTHSCHILD Dégusté au château. Cette année encore, Mouton a probablement produit le vin le plus parfait sur le plan formel de tout le Médoc. Cette perfection est d’abord celle des sensations tactiles, avec une prise de bois magique qui donne aux grandes saveurs de cèdre et de havane des cabernets une délicatesse et des dégradés qu’on ne retrouve nulle part ailleurs, et surtout celle de la fin de bouche, d’une allonge et d’une pureté magistrales. Pour mieux faire comprendre cette perfection formelle aux amateurs, il faut avoir recours sans doute à des analogies empruntées à la musique : le timbre de ce Mouton développe tout simplement une plus grande richesse harmonique que tous les autres. C’est aussi la plus petite production de grand vin de l’histoire récente du château ! 19-19,5/20 CHÂTEAU LAFITE-ROTHSCHILD Dégusté au château. Le grand vin (environ 38 % de la récolte) contient cette année sa proportion normale (19 % de merlot), ce qui enrobe à la perfection la ligne si pure mais si “abstraite” de ses cabernets magiques : le vin associe donc dans un équilibre idéalement “Lafite” puissance, finesse et subtilité de texture, avec des notes ultra racées de graphite, un peu à la façon du 1988 avec sans doute encore plus de corps. 19/20 CHÂTEAU LATOUR Dégusté au château. Dans l’assemblage du grand vin, il y aura un peu moins de merlot que Mouton et Lafite, ce qui explique en partie sa différence au niveau des sensations tactiles : la minéralité propre à son terroir se présente de façon un peu plus nue et directe que chez ses pairs. Sa perfection de forme et de saveur sera donc plus “géométrique” que “musicale”, le vin plus “dessiné” que “peint”. Pur, dense, vinifié sans compromis, il demande encore de se nourrir sur ses lies fines et dans son bois neuf pour prendre toute sa dimension. 18,5-19/20 CHÂTEAU PICHON-LONGUEVILLE BARON Dégusté au château. Une des grandes réussites de l’année et un vin qui, d’une certaine façon, plaira peut-être davantage aux inconditionnels du type Latour que Latour lui-même. Ici, c’est la puissance du corps et l’affirmation franche, drue et noble des grands arômes de cèdre et de tabac qui impressionnent dès le premier coup de nez. Le vin naît tout fait, sans aucune complication ni caprice, d’un seul jet. 18,5-19/20 n°48 avril 2008 S P É C I A L P R I M E U R S 2 0 0 7 43 44 S P É C I A L P R I M E U R S 2 0 0 7 PETIT MOUTON DE MOUTON ROTHSCHILD Une autre impressionnante réussite : toute la force aromatique et la complexité d’un vrai Mouton, d’autant que de superbes cabernets francs du grand terroir ont été inclus dans ce second vin. Le grand vin n’aurait d’ailleurs pas été meilleur que celui-ci il y a encore dix ans ! Le sommet cette année en second vin ! 17,5-18/20 CHÂTEAU LYNCH-BAGES Noble arôme classique de cèdre. Il semble que sous l’impulsion de Jean-Charles Cazes, le fils de Jean-Michel, désormais aux commandes, le cru change un peu de style, en retrouvant plus de parenté avec le classicisme de construction et de saveur de Grand Puy Lacoste que par le passé. Le vin a peut-être un peu perdu en flamboyance baroque, chère à nos amis américains, mais il a beaucoup gagné en précision de texture et en finesse, et j’avoue beaucoup aimer cette métamorphose ! 17,5-18/20 CHÂTEAU PICHON-LONGUEVILLE COMTESSE DE LALANDE Dégusté au château. Un peu moins corsé et profond dans sa construction que Baron, Comtesse fait admirer ses habituelles qualités de souplesse de texture et de complexité aromatique, avec l’apport de tous les cépages rouges bordelais. Un assemblage précis, harmonieux, racé, mais avec moins d’étoffe que les tout meilleurs. 17-17,5/20 CHÂTEAU PONTET-CANET Une belle prise de bois et un vin complet associant le corps et la texture d’un pauillac classique à des tannins d’une extrême finesse, un tout petit cran en dessous de Pichon Baron néanmoins. Le cru continue la ligne impeccable de ses derniers millésimes. 17-17,5/20 CHÂTEAU DUHART-MILON Le cru continue sa progression : une parfaite définition du terroir de Pauillac au nez, avec des notes de cèdre, d’une précision qui ne surprendra pas de la part d’un poulain de l’écurie “Lafite”, mais cette année, la texture du vin a beaucoup gagné en qualité dans les sensations tactiles, moins rustiques que par le passé. Tannin de grande finesse et de grande noblesse. Le grand rapport qualité/prix cette année à Pauillac. 17-17,5/20 CHÂTEAU BATAILLEY Arôme fin et précis de myrtille, rehaussé par des notes classiques de cèdre, vin très raffiné et charmeur, certainement pas le plus riche en corps de la série, mais l’un des plus subtils dans la qualité de son tannin et des sensations tactiles. On sent la “patte” de Denis Dubourdieu. 17/20 CHÂTEAU CLERC MILON Un des vins les plus puissants du millésime et les plus enrobés par de beaux merlots (près de 40 %), avec une force tannique qui en surprendra plus d’un et une prise de bois fort réussie. Un vin complet qui donne la mesure véritable de ce millésime. 17/20 LES FORTS DE LATOUR Très noblement aromatique avec des notes ultra classiques de cèdre, corps impeccable, tannin encore un peu trop robuste et dominateur. Un vin riche et complexe, mais pas encore complètement formé et équilibré. 17/20 n°48 avril 2008 S P É C I A L P R I M E U R S 2 0 0 7 45 46 S P É C I A L P R I M E U R S 2 0 0 7 CHÂTEAU D’ARMAILHAC La note s’applique à l’échantillon dégusté au château, plus précis et sans doute plus “frais”. Beaucoup de finesse et de complexité dans les arômes classiques de cèdre, corps en progression sur les millésimes précédents, tannin au grain très fin, marqué par un fort pourcentage (20 %) de cabernets francs. 16,5-17/20 CHÂTEAU GRAND-PUY-LACOSTE Dégusté au château. Arôme net, précis et racé de cèdre, vin très équilibré, élégant dans son tannin, peut-être un peu moins vineux que ce qu’on attend de ce cru, mais sa classe est évidente. 16,5-17/20 CHÂTEAU GRAND-PUY DUCASSE Un des meilleurs et des plus accomplis de l’histoire, si la bouteille confirme l’échantillon. Noble arôme de cèdre, excellente prise de bois, corps puisssant mais sans lourdeur, tannin complexe, un vrai pauillac, parfaitement défini. 16,5-17/20 CHÂTEAU CROIZET-BAGES C’est la grande nouvelle du millésime, Croizet-Bages produit son premier très beau vin de mémoire d’hommes ! Les jeunes Quié ont tenu leurs promesses et ont élaboré un vin très classique de fond et de forme, au tannin puissant, précis, bien défini dans sa texture et dans son bouquet, on est au coeur du mystère des vrais pauillacs dans l’équilibre très abouti entre puissance et finesse. Il faudra naturellement que la bouteille confirme ces qualités. 16,5-17/20 CARRUADES DE LAFITE Arôme net et fin de cèdre, corps assez linéaire, manquant un peu de “chair”, tannin de grande classe si l’on aime l’austérité civilisée de ce type très classique de Bordeaux. J’ai nettement préféré Duhart Milon, qui présente d’ailleurs un meilleur rapport qualité/prix. 16,5/20 CHÂTEAU HAUT-BAGES LIBÉRAL Robe bleutée, prise de bois marquée, puissants arômes de myrtille, de la chair, de l’ampleur, de la chaleur (haut niveau d’alcool certainement), vin chaleureux et savoureux, mais le tannin n’a pas la perfection formelle des plus grands. 16/20 CHÂTEAU LYNCH-MOUSSAS Forte prise de bois, notes de cuir un peu plus rustiques au nez que dans d’autres crus de l’appellation, volumineux, charnu, chaleureux, avec un petit déficit de finesse. Le tannin n’a en revanche rien de rustique : il est ferme et plutôt velouté. 15,5-16/20 CHÂTEAU HAUT-BATAILLEY Arôme précis de cèdre, vin souple et élégant dans son tannin, mais d’une vinosité moyenne. On a recherché ici la buvabilité plus que l’expression ultime du millésime, et le type de vin aimé des restaurateurs. 15,5-16/20 CHÂTEAU PIBRAN Pibran se montre gourmand dès les dégustations en primeur, ce qui n’est pas si fréquent. Sa matière est ronde et crémeuse. 15-15,5/20 n°48 avril 2008 S P É C I A L P R I M E U R S 2 0 0 7 47 48 S P É C I A L P R I M E U R S 2 0 0 7 LES TOURELLES DE LONGUEVILLE DE CHÂTEAU PICHON-LONGUEVILLE Avec une proportion importante de merlots qui étaient incorporées au grand vin il n’y a pas si longtemps, le cadet de Pichon Longueville se montre sur la finesse avec un juste niveau d’extraction. 15-15,5/20 CHÂTEAU PEYRABON Profond et de grande densité, Peyrabon montre une pointe de salinité en fin de bouche. Bien réussi, il ira loin. 15/20 SAINT-ESTÈPHE Vins très classiques des années de belle réussite des cabernetsauvignon, charpentés, parfois un peu austères et d’une remarquable vinosité. Les crus à forte proportion de merlot ont eu certainement plus de mal à composer leur assemblage, avec des vins puissants mais un rien moins précis dans leur nez et dans leur tannin. Les meilleurs révèleront encore mieux leur richesse de constitution au vieillissement et dépasseront les 2006 et les 2004. CHÂTEAU MONTROSE Dégusté au château. Un grand classique de ce terroir, ferme, tendu mais charnu, impeccablement dessiné dans son tannin et son arrière-bouche avec (pour une fois, le mot est juste) une touche de minéralité très appréciable. Il sera produit en quantité fort convenable, à l’opposé de quelques-uns de ses pairs (plus de 60 % de grand vin !) 18-18,5/20 CHÂTEAU COS D’ESTOURNEL Dégusté au château. L’assemblage contient la plus forte proportion de cabernet-sauvignon de l’histoire du château (85 %). Il tranche avec tous les autres médocs du millésime par son extrême puissance et son intensité aromatique, un rien saturante même pour certains dégustateurs. Tout cela s’affinera dans un an et devrait donner une très grande bouteille, massive mais ultra racée. 18/20 CHÂTEAU CALON-SÉGUR Dégusté au château. Beau vin généreux, complexe et fin, doté d’
TAGS
YOUR REACTION
YOUR REACTION