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Le spot du guitariste
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Date : the 18/10/2007
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Channel: Culture, Music, TV
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Herbie Hancock

Herbie Hancock

Le pianiste adopte Joni Mitchell Il ne compte plus les fois où son monde l'a honni. A 7 ans, Herbie Hancock tricote un concerto de Mozart devant l'orchestre symphonique de Chicago. Ses parents le pensent déjà rangé; Un Noir parmi les queues-de-pie. Mais il signe un peu plus tard un contrat pour Blue Note, retour à la case communautaire, déception familiale. A la fin des années 1960, il s'en remet, sous l'impulsion de Miles Davis, aux orgues électriques. Les jazzeurs voudraient l'étriper. Comment gâcher un tel toucher sur des instruments sans âme? Hancock persiste. Il dure dans l'échappée belle, s'obstine dans le contre-pied. Fait du swing quand chacun rêve électro-jazz. Patine des rengaines rock quand les comités révolutionnaires préconisent le retour à l'acoustique. Avec une certitude, il reste toujours de l'Hancock en stock (je sais c'est facile :-). Cet album, le récit circonstancié d'un amour éperdu, ne rassurera pas davantage les partisans d'une ligne claire. Herbie voulait dire à Joni Mitchell, une chanteuse qui l'obsède, que ses mélodies ont pour lui le goût vrillé des plus beaux standards de jazz. Hancock convoque sa bande. Un collègue de combat, Wayne Shorter en saxophones, qui est comme le double éthéré de Herbie, qui souffle de l'air pur entre les densités de Herbie, un frère. Et puis Dave Holland, autre esprit croisé chez Miles Davis, un contrebassiste qui n'a jamais enfoncé un seul clou; quatre cordes de dentelle. Lionel Loueke, guitariste du Bénin, celui par lequel Pat Metheny sera mis en retraite, ponce les angles. Hancock a opté pour des chanteuses sous influence. Norah Jones, dans «Court and Spark». Corinne Bailey Rae, sur «River». De menues mutines qui, elles aussi, ont dessiné de leurs voix fumées une sorte de voile pudique. Et puis quelques monstres, ça et là. Leonard Cohen («Jungle Line»), un ami de part et d'autre, qui ressuscite les Maures, d'un timbre volé aux conteurs de mille et une nuits. Tina Turner aussi («Edith and the Kingpin»), qui redonne ici l'envie d'être entendue. Toute cette entreprise d'hommage serait vite digérée si elle ne constituait pas d'abord un discours de la méthode. Herbie Hancock a le doigt si léger qu'il s'interdit de le laisser rôder. Herbie est intransigeant, comme Joni Mitchell. Et quand ils se rencontrent enfin, sur «Tea Leaf Prophecy», ce sont deux têtes chercheuses qui s'évitent en des cieux inatteignables pour la plupart des autres. Comment chanter/jouer une chanson ? Ce disque est un mode d'emploi.

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