Fournisseur d'information de plus de 10 000 médias dans le monde, l'Agence France-Presse vient de faire l'objet d'une virulente attaque de la part de l'UMP, qui lui reproche d'avoir "censuré" certains de ses communiqués. L'affaire pourrait relever du jeu d'influence "normal" entre la presse et le pouvoir, si elle ne survenait pas à un moment crucial de négociations entre l'AFP et l'Etat pour le renouvellement d'un contrat d'objectifs et de moyens, vital pour la survie de l'Agence. (...) Cette polémique appelle quelques mises au point. L'AFP, de par son statut voté en 1957 par le Parlement, est une agence de presse indépendante de tout pouvoir politique ou économique. Elle n'a aucun actionnaire et ne vit que de la vente de son service aux médias et aux institutions. La vérité oblige à dire que l'Etat est son plus gros client, et qu'elle ne pourrait vivre sous sa forme actuelle sans le soutien des pouvoirs publics. D'où le caractère crucial des négociations en cours, qui doivent permettre de financer le développement de l'AFP pour les années à venir, notamment en l'aidant à renouveler son informatique pour l'adapter aux exigences du multimédia. Cependant, depuis 1957, le statut de l'AFP, et une pratique quotidienne courageuse ont permis aux journalistes de l'Agence d'exercer leur métier en toute indépendance. Les pressions politiques n'ont jamais manqué.