on gosse en fait autant ! Concernant l'art contemporain, l'antienne est connue. Dans le cas de Richard Serra, le sculpteur américain né en 1939 dont l'exposition se tient à Paris, au Grand Palais, jusqu'au 15 juin, l'argument trouve ses limites. Elles sont de taille : la nef ne contient qu'une seule oeuvre, mais composée de cinq plaques d'acier rectangulaires posées à la verticale. Chacune pèse 75 tonnes. Qui pis est, elles ne sont pas droites. Le sculpteur les a inclinées sur leur tranche le long d'un axe qui traverse la nef du Palais du nord au sud. Trois penchent vers l'intérieur, deux vers l'extérieur. Pour les maintenir, il a fallu creuser le sol, les y enfoncer selon l'angle idoine, calculé de manière à ce que la partie la plus haute de la base saille légèrement. Les téméraires peuvent aisément passer un doigt entre le dessous de la plaque et le béton du sol.