cotch sur la bouche, banderoles et pancartes au-dessus de la tête, les salariés de l’AFP ont envoyé un message clair au gouvernement: «AFP menacée, presse bâillonnée, liberté en danger.» 150 personnes se sont réunies, mercredi après-midi, devant le siège de l’agence, pour dénoncer les «attaques répétées» dont l’AFP fait l'objet, après les critiques formulées par plusieurs responsables de l'UMP. Le parti au pouvoir reproche à l’AFP de n’avoir pas assez diffusé les communiqués relatifs à la condamnation de Ségolène Royal. «Nous ne sommes pas une agence de communication», rétorque Dimitri de Kochko (du syndicat SNJ). «Nous recevons 200 communiqués en 48h et ces informations étaient largement datées.» L’AFP, ni dieu ni maître De son côté, Christophe Beaudufe, président de la Société des journalistes, préfère insister sur l’indépendance de l’agence de presse: «Personne ne nous imposera une ligne éditoriale qui n’est pas la nôtre.» Pour les journalistes présents, le combat est identique. «La France se permet de donner des leçons sur les droits de l’homme à la Chine alors qu’elle n’est même pas capable de respecter la liberté de la presse dans son propre pays», lance Eric, journaliste au pôle économie. Les salariés ont promis que la banderole qui tapisse la façade de l’AFP restera aussi longtemps que les tensions perdureront. AFP PHOTO / PIERRE VERDY ¦ Les journalistes de l'Agence France Presse (AFP) manifestent, le 21 mai 2008.