La Commission n’a manifestement pas tiré les leçons de la crise financière et économique comme le montre le feu vert qu’elle a donné, il y a une dizaine de jours, à l’ouverture rapide de négociations d’adhésion avec l’Islande. Il faut maintenant espérer que le Conseil européen ait le courage de rejeter la demande islandaise. Il ne s’agit évidemment pas de sanctionner d’une façon ou d’une autre, les Islandais pour avoir rejeté, samedi, par 93,3 % des voix, l’accord d’indemnisation des épargnants britanniques et néerlandais qui ont perdu leurs économiques lors du naufrage de la banque islandaise Icesave. De toute façon, d’une façon ou d’une autre, l’Islande devra payer si elle veut retrouver la confiance de ses partenaires et surtout celle des marchés financiers. Le problème est ailleurs : d’une part, l’Union doit arrêter d’ouvrir des négociations d’adhésion avec des pays dont elle sait pertinemment qu’ils ne sont pas prêts à adhérer et, d’autre part, elle doit comprendre que tout élargissement a un prix, non seulement pour l’impétrant, mais aussi pour ses futurs partenaires. L’Union doit sortir de ce double non-dit avant de reprendre les élargissements.