Répartis sur la planète, 45 millions de centres de traitement de données stockent, sans grand contrôle, courriels, photos et documents des particuliers et des entreprises du monde entier. Cliquez sur l'aperçu pour agrandir l'infographie. «Mon fils ne voit pas pourquoi apprendre par cœur ce qu'il peut retrouver à chaque instant en tapotant sur Internet», raconte Sonia, 40 ans, éberluée de voir cette nouvelle génération déléguer un bout de cerveau au «nuage numérique». Le savoir n'est plus en soi, mais à portée de la curiosité, d'un clic. Tout comme les souvenirs qui s'envolent, tels des oiseaux migrateurs, vers le ciel d'Internet. Autrefois, on gardait vinyles, boîtes de jeux et petits poèmes. Désormais, la mémoire a quitté les foyers, les boîtes molletonnées, les malles. Courriels, photos, musique, documents, jusqu'aux conversations de messagerie instantanée sont conservés quelque part dans un lieu abstrait, une armoire virtuelle, dans ce que l'on appelle le «cloud» informatique. Invisibles. Oubliés parfois. Mais à portée de connexion. Il suffit de presser quelques touches d'ordinateur et l'armoire restitue ce que vous lui avez confié.